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Un film de Arnaud et Jean-Marie Larrieu (France)

"Les derniers jours du monde" Sortie en salles le 19 août

Alors que les signes avant coureurs d’une fin du monde se multiplient et que la menace d’extermination générale se précise, Robinson, un quarantenaire instable décide de quitter sa femme pour suivre une jeune femme qui a la silhouette et le charme de l’apparition. Ce coup de foudre flamboyant va l’entraîner sur les routes de France et d’Espagne.
Arnaud et Jean-Marie Larrieu appliquent à ce road-movie singulier les thèmes de leurs précédents films : les rencontres insolites ou décalées, la liberté, le désir, les digressions audacieuses. La construction de ce film nomade aurait sans doute, pour vraiment convaincre, nécessité plus de rigueur et de concision, une narration plus resserrée et non cet étirement du récit qui laisse au lieu d’un sentiment de liberté, une impression de fouillis ou d’imprécision. Très vite les pérégrinations de Robinson deviennent lassantes, incompréhensibles ou incohérentes. Le personnage recherche-t-il la liberté extrême dans un contexte extrême ? Le film serait alors l’histoire d’un combat qui consiste à abattre tous les obstacles qui se dressent. Ou bien cherche-t-il à nier la gravité du danger qui menace le monde ? SNES_LesDerniersJours
Le film semble par moments atteindre son objectif au hasard d’une scène fulgurante, décalée ou drôle, ou quand la vie ordinaire, les préoccupations intimes du héros se heurtent aux images insolites d’une destruction collective qui prennent une dimension futuriste mais sans jamais trouver une vraie justification narrative.
Une direction d’acteurs approximative ne clarifie pas les choses. Mathieu Amalric promène un regard écarquillé, Karine Viard semble sans cesse à la recherche de son personnage et Sergi Lopez n’est pas très convaincant en chanteur d’opéra gay. Seule Catherine Frot qui sait bien faire les demi bécasses-pot-de-colle est convaincante…
Arnaud et Jean-Marie Larrieu seraient-ils allés se fourvoyer dans un sujet qui n’était pas pour eux ou bien ont-ils fait le choix volontaire de faire un film hésitant qui ne trouverait jamais son vrai chemin ? Est-ce là ce qu’il faut chercher pour trouver au film ce charme qui, parfois transparaît ?
Francis Dubois

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