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Un film de Louis Garrel (France)

"Les deux amis" Sortie en salles le 23 septembre 2015.

Clément, figurant de cinéma dilettante est amoureux fou de Mona, vendeuse dans une sandwicherie, gare du Nord.

Mais Mona n’est jamais libre après son travail. Elle doit impérativement prendre tous les soirs le même train pour une destination mystérieuse.

Lorsque Clément est à bout d’arguments, il fait appel à son meilleur ami Abel pour l’aider dans la conquête de la jeune femme.

Il convainc Abel et les deux amis tentent de trouver ensemble des arguments pour séduire Mona.

Cinéma : les 2 amis

Le film de Louis Garrel est une adaptation libre des " Caprices de Marianne " d’Alfred de Musset. Pour écrire avec lui le scénario, il a fait appel à Christophe Honoré, un vieux complice qui s’était attelé à l’adaptation de " La P rincesse de Clèves" dont il avait tiré " La belle personne" en 2008.

Le film passe par un prologue assez long qui renseigne sur le secret de Mona et donne la raison pour laquelle la jeune fille est dans l’impossibilité d’accorder le moindre moment à son inlassable et insistant soupirant.

Deux ou trois scènes qui renseignent sur le degré amoureux de Clément, sur son dilettantisme, son manque d’ambition et sa frilosité complètent l’introduction du film.

C’est au moment où Abel, personnage beaucoup plus assuré entre en lice, censé trouver le moyen de faire fléchir Mona et de la faire tomber dans les bras de Clément, que "Les deux amis " trouve son rythme.

Louis Garrel n’a pas donné à sa narration,le ton qui la ferait appartenir à un seul genre.

Même si son film reste dans le périmètre de la comédie, par les thèmes qu’il aborde, des ambiances contrastées, de constantes ruptures de ton allant du lyrisme au burlesque, il embrasse plusieurs "familles" du cinéma français.

A la fois celles des auteurs romantiques et celles de la comédie populaire.

Ces variations conduisent par le jeu de dialogues allant du grave au "potache", quelquefois totalement décalés, le récit vers de nouvelles explorations. Certaines répliques ont des airs d’aparté, prennent parfois le large et laissent en plan la situation installée.

Louis Garrel soi-même et son comédien complice Vincent Macaigne jonglent avec les dialogues écrits sur mesure, les situations décalées, les humeurs, les expressions, les mimiques mais leurs excentricités, toujours parfaitement dosées-maîtrisées, ne perdent pas de vue la ligne directrice du récit. Et la gravité est jusque dans la pitrerie.

Les trois personnages du film sont des marginaux, des déclassés : une jeune femme en prison (sait-on pour quelle raison), un écrivain qui n’écrit pas mais qui rêve d’être un écrivain, un comédien réduit à faire de la figuration…

Louis Garrel définit " Les deux amis " comme un "film de chambre" qu’il a porté au plus près de lintimité.

Si le film compte ça et là les maladresses d’une première œuvre, la tonalité personnelle de l’ensemble dégage beaucoup de charme.

Francis Dubois

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