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Un film de Serge Bourguignon (France 1962)

"Les dimanches de Ville d’Avray" Sortie en salles le 7avril 2010

Une curieuse carrière de cinéaste que celle de Serge Bourguigon que le public connut et reconnut à la sortie de son film "Les dimanches de Ville d’Avray" en 1962. Il réalisa à la suite,"A cœur joie", un des rares films avec Brigitte Bardot qui ne connut aucun succès public et plus tard , un western, "La rançon" avec Max von Sydow. On cessa d’entendre parler de lui dès le début des années 70. Lassitude d’un cinéaste qui, déçu de ne pas retrouver un public, cessa de réaliser ou bien faiseur de films de facture trop académique apparu dans le paysage cinématographique en pleine explosion de la Nouvelle vague ?
"Les dimanches de Ville d’Avray" racontait la rencontre amoureuse (mais chaste) entre un ex-pilote de guerre devenu amnésique à la suite d’un accident et une petite fille définitivement placée par son père dans un pensionnat.
Pierre se fait passer pour le père de la fillette et l’emmène chaque dimanche faire de longues promenades au bord d’un lac, dans les bois de Ville d’Avray. Son amnésie a ramené l’homme, mal à l’aise dans le monde des adultes, à l’état d’enfant et les liens entre les deux protagonistes se consolident un peu plus chaque dimanche.

Mais des liens trop étroits entre un homme adulte et une fillette suscitent des soupçons et dénoncée par la rumeur publique, la belle histoire finira de façon tragique.
Si le film de Serge Bourguignon n’a d’autre prétention que celle de raconter une belle histoire émouvante de façon très classique avec une alternance de scènes qui creusent chaque fois un peu plus profond le fossé entre le monde des adultes et celui tendre et fragile d’une amitié singulière entre deux solitudes, il parvient à éviter un trop grand manichéisme et, surtout grâce au jeu de Hardy Krüger et de la jeune Patricia Gozzi, à conserver plausible l’histoire d’amour entre ces deux êtres perdus.
Il fallait garder le cap de la pureté tout en laissant toute sa liberté à cette idylle, apporter assez de contraste entre les deux personnages et jouer serré avec un dialogue qui pouvait à tout instant dénaturer le propos. La partition de Patricia Gozzi est particulièrement délicate. Bavarde impénitente, elle façonne à sa manière son personnage d’amoureuse par un propos à la fois enfantin et très adulte.
On peut s’interroger sur la nécessité de ressortir ce film qui a peu ou pas du tout eu les honneurs des programmes télé. Mais il est intéressant de revoir une œuvre qui représente assez bien un cinéma qui n’appartenait plus à la période de l’après guerre mais restait dans une réserve formelle qui lui interdisait d’appartenir à son époque.
C’est l’occasion de revoir deux comédiens sensibles et efficaces : Hardy Krüger acteur allemand qui fit une carrière internationale, et Nicole Courcel.
Francis Dubois

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