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Un film de Bernard Richard (France)

"Les enfants de la Rose Verte" Sortie en salles le 24 septembre 2014.

Dans le secteur de pédopsychiatrie d’un hôpital de jour, Bernard Richard a filmé le quotidien des enfants autistes et de leurs soignants dans leurs activités thérapeutiques et éducatives.

Il s’est également adressé aux parents qui suivent de près l’évolution de leurs enfants et qu’il a filmés librement.

Comment soigne-t-on l’autisme en respectant la singularité de chaque enfant ? Comment les familles prennent-elles à leur niveau, le relais des processus engagés ?

La pédopsychiatrie "à la française" fondée sur une longue pratique clinique, une constante recherche théorique et l’interprétation d’approches diversifiées, exige que tout ce qui fait l’humanité du sujet autiste reste au centre de la préoccupation des soignants, dans un travail de réflexion permanent et en donnant tout son pouvoir de la parole.

Bernard Richard pose les questions essentielles et laisse les séquences filmées y répondre. Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle ? Qui soigne-t-on, comment soigne-t-on ? Comment communiquer avec des enfants qui ne parlent pas ou si peu et qui paraissent indifférents à toute relation humaine quelle qu’elle soit ? Comment faire sortir l’enfant autiste de sa bulle ? Comment les parents vivent-ils leur souffrance et celle de leurs enfants ?

En 2009, Bernard Richard qui s’est occupé pendant trente ans d’un neveu autiste, réalisait un premier film " Solstices, les enfants de la parole" sur le sujet.

C’est la rencontre du réalisateur avec Marie Allione, pédopsychiatre, chef de secteur et de service pédopsychiatrique qui l’a convaincu de réaliser un autre film sur les enfants autistes.

Celle-ci a mis à disposition de Bernard Richard l’ouverture et la collaboration totale de son service : parents, enfants, soignants et intervenants.

Il a pu bénéficier d’une liberté totale pour filmer pendant huit semaines réparties sur cinq mois.

La "tranquillité" de la caméra se ressent à travers les entretiens, dans la façon de filmer les enfants, dans l’importance donnée à l’environnement.

Très vite, le périmètre du secteur de pédopsychiatrie devient un lieu familier comme deviennent familiers les enfants, les médecins, les intervenants et les familles que l’on retrouve à chaque fois avec une curiosité renouvelée et beaucoup d’intérêt.

Et le décor attendu et "aseptisé" se charge de chaleur et d’humanité.

Le film retrace, sur les quelques mois qu’a duré le tournage, les progrès des enfants pour certains d’entre eux remarquables et les lignes pédagogiques qu’empruntent les encadrants puisque les interventions auprès des enfants sont totalement adaptées aux différents cas, et qu’ elles nécessitent, au fur et à mesure des avancées, de nouveaux "réajustements".

La construction du film édifiée à partir d’entretiens avec une dizaine d’enfants, de quelques parents et de l’encadrement adulte, est minutieuse. Elle est très respectueuse du contexte et contribue à ne jamais faire des enfants, de simples cas médicaux..

Une belle approche de l’autisme. Un bel hommage aux équipes d’encadrement du milieu pédopsychiatrique, à la force et la détermination des personnels.

Francis Dubois

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