Actualité théâtrale

Jeudi 19 juillet 2018, 21h, au Théâtre des Carmes, Avignon

« Les enfants de la manivelle » André Minvielle, Abdelwaheb Sefsaf

Dans la grande foire qu’est devenu le festival « off » d’Avignon, il y a des pépites à découvrir, des moments rares de spectacle vivant inoubliable.
Nous en avons évoqué quelques-uns avant de les découvrir sur place et nous en reparlerons. Il en est évidemment d’autres comme la plus récente création théâtrale et musicale « Si loin si proche » d’Abdelwaheb SEFSAF, comédien, chanteur et co-metteur en scène [1], accompagné par deux autres grands musiciens, Georges BAUX et Nestor KEA, à découvrir tous les jours à 16h10 jusqu’au 27 juillet au 11-Gilgamesh Belleville [2]. Il ne faut pas regretter lorsqu’on est pas à Avignon, car ce spectacle puissant (détails et extraits sur le site de la Compagnie), racontant le rêve de retour au pays de nombreux immigrés maghrébins dans la France des années 70/80 en résonance avec les crises migratoires d’aujourd’hui, est promis à une importante tournée dont nous reparlerons, en particulier en publiant un entretien inédit avec Abdelwaheb SEFSAF recueilli en Avignon la semaine dernière.
Mais il est des moments non reproductibles, à ne pas manquer lorsque c’est possible, comme la rencontre scénique de ce grand artiste avec André MINVIELLE, tous deux capables de faire musique avec presque tout, se rencontrant pour un spectacle très travaillé autour de leurs voix et instruments mécaniques.

« Abdelwaheb SEFSAF apporte son orgue de ’Berbérie’ en écho à ces joueurs de rue à qui il n’en fallait pas davantage pour faire spectacle. André MINVIELLE, chanteur, conteur et homme orchestre, apporte sa ’’main vielle à roue’’. La rencontre de ces deux instruments à manivelle, quelque peu ’’trafiqués’’ et capables de projeter des images autant que de produire des sons, tient d’emblée du merveilleux.
Une autre rencontre se greffe sur la première. Celle, improbable, de 2 personnages auxquels les 2 chanteurs musiciens improvisateurs souhaitent rendre hommage. D’une part, il y a Slizame Azem, fabuliste, poète, chanteur et musicien berbère, interdit de séjour en Algérie dans les années 60. D’autre part, il y a Germaine Tillon, résistante, femme de lettres et ethnologue qui croise ici la route de cet éternel exilé. Le destin de cette femme exceptionnelle est lui aussi lié à l’Algérie »...

Un moment rare et inoubliable à réserver au plus vite auprès du Théâtre des Carmes, qui est, avec le Théâtre du Chêne Noir, un des rares lieux de création vivant toute l’année en Avignon, parmi les premiers partenaires Réduc’Snes en France, et ayant conservé, sous la houlette du fils d’André Benedetto, la même aspiration éthique que celle que portait son père et que défend encore Gérard Gelas au Chêne noir, lorsqu’ils ont engendré le « off » pour promouvoir la liberté d’expression et de création en 1968, en continuant 50 ans plus tard à offrir leur chance à d’autres créateurs, sans louer leur salle à prix d’or comme tant d’autres le font dans le grand marché de la culture à Avignon, mais en proposant des coopérations artistiques de qualité mutuellement constructives, en particulier par des co-réalisations ou co-productions. Une autre raison d’être le 19 juillet au Théâtre des Carmes avec Abdel et André...
Philippe Laville

photo © Joël Kermabon

Théâtre des Carmes
6 place des Carmes – 84 – Avignon
www.theatredescarmes.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) :
04 90 82 20 47

Notes

[1créé en fin d’année 2017 avec Marion GUERRERO pour la co-mise en scène, au Théâtre de la Croix-Rousse -Place Joannes Ambre, 69004 Lyon- http://www.croix-rousse.com/ , un lieu de qualité également partenaire Réduc’snes

[211, bd Raspail à Avignon – www.11avignon.com – relâche ce 18/7

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