Actualité théâtrale

à l’Athénée - Théâtre Louis-Jouvet

"Les enfants terribles" puis "En attendant Godot" opéra d’après l’œuvre de Jean Cocteau, du 10 au 14/2, puis, en mars nouvelle mise en scène du texte de Beckett

"Les enfants terribles", comme toutes les œuvres de Jean Cocteau, repose sur une irréalité apparente qui en révèle à la fois la fragilité et la force. Ce qui caractérise plus encore cette œuvre, c’est la grande liberté qui emporte la narration et les personnages dans un rapport étroit au divin et à la mort. "Les enfants terribles" est une tragédie enfantine et universelle. Notre humanité fragile y rejoint les mythes du théâtre grec par le lyrisme et la simplicité des sentiments, la force des relations entre les êtres et l’humour provocateur de la jeunesse.
Ici, l’opéra de Philip Glass (direction musicale : Véronique Briel, Vincent Leterme et Stephane Petitjean) a cette particularité de se jouer sur des pianos électroniques peut-être pour mieux restituer en ce début du vingt et unième siècle, le chemin si particulier choisi par l’écrivain et dont le premier choix, pour définir son univers, est de bannir le raisonnable du fil narratif.
Avec le Chorégraphe Yano Latridès et les chanteurs, le travail a beaucoup porté sur une partition des corps qui amène sur la scène, une poétique proche de celle que contient le texte de Jean Cocteau.
Philippe Glass est compositeur de musique classique contemporaine. Né en 1937 à Baltimore, il est avec Terry Riley et Steve Reich, l’un des représentants les plus marquants de la musique minimaliste et répétitive. "Les enfants terribles » qui fut créé en 1996 appartient à un tryptique d’opéras conçus à partir d’œuvres de Jean Cocteau après « Orphée » et « La belle et la bête ».
Il multiple les collaborations et son travail l’a associé à des artistes aussi différents que Woody Allen ou Robert Wilson…
Après avoir eu un parcours de comédien Paul Desveaux, qui signe la mise en scène, crée en 1997 sa propre compagnie, l’Héliotrope. Il met en scène des textes de Nathalie Sarraute ou de Marivaux. Sa rencontre avec le chorégraphe Yano Latridès l’amène à monter d’une façon très personnelle « L’éveil du printemps" de Franck Wedekind. En 2005, il monte « Les brigands » crée à Besançon et repris au Théâtre 71 de Malakoff. Viennent ensuite deux mises en scène présentées sur le scène des Abesses-Théâtre de la ville : « L’orage » d’A. Ostrowki et « Maintenant, ils peuvent venir » adapté d’un roman d’Arezki Mellal.

"En attendant Godot" un texte de Samuel Beckett. Mise en scène de Bernard Lévy. Du 5 au 28 mars.
Bernard Lévy avait présenté, au cours de la saison 2006-2007 "Fin de partie" de Samuel Beckett. Avec la même équipe artistique et les deux acteurs principaux d’alors, il propose cette saison " En attendant Godot ".
Avec ce nouveau travail, Bernard Lévy tentera de répondre aux questions qui se posent immédiatement : faut-il considérer pour monter une œuvre de Beckett la scénographie comme un espace mental. Existe-t-il un lien entre les différentes pièces écrite par l’auteur et notamment entre "Fin de partie" et "En attendant Godot".
Formé à l’EDA puis au Conservatoire national, Bernard Lévy, après avoir entamé une carrière au cinéma et à la télévision, crée sa propre compagnie en 1994. Et c’est aux commandes de "Lire aux éclats"qu’il monte des auteurs aux antipodes les uns des autres. Ce sera aussi bien"L’échange" de Claudel que Feydeau, Jean-Luc Lagarce, Racine ou Thomas Bernhard.
Francis Dubois

Athénée Théâtre Louis-Jouvet. Square de l’Opéra Louis Jouvet 7 rue Boudreau 75 009 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 53 05 19 19 – www.athenee-theatre.com

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