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Un film d’Arnaud Desplechin (France)

« Les fantômes d’Ismaël » Sortie en salles le 17 mai 2017.

Ismaël est réalisateur de films. A la veille d’un nouveau tournage, alors que pour finir d’écrire son scénario, il s’est retiré au bord de la mer en compagnie de Sylvia qu’il a récemment rencontrée, il voit apparaître dans sa vie, Carlotta, sa femme disparue depuis vingt ans et qui a été déclarée morte.

Ivan, le frère d’Ismaël est un diplomate atypique dont la candeur apparente est peut-être là pour mieux dissimuler des activités secrètes.

Bloom, un ancien cinéaste et père de Carlotta ne s’est jamais consolé de la mort de sa fille. A quatre vingts ans passés, il attend la mort.

Cinéma : Les fantômes d'Ismael

Le film d’Arnaud Desplechin comporte plusieurs films en un. Il associe plusieurs genres cinématographiques qu’il fait cohabiter avec une grande fluidité narrative dans différents milieux et des atmosphères contrastées.

Des histoires d’amour, des énigmes avec le retour d’un personnage passé pour mort, une histoire d’espionnage dans le milieu politique, des intermèdes burlesques entre le cinéaste qui s’est retiré du jeu et son producteur délégué (désopilant Hippolyte Girardot) se succèdent avec bonheur .

Arnaud Desplechin parle ainsi son film « Il me semble avoir inventé une pile d’assiettes de fiction, que je fracasse contre l’écran. Quand les assiettes sont toutes cassées, eh bien, le film s’achève. »

A travers les méandres de ces intrigues qui mettent en présence trois femmes nées de ces « éclats » - une femme aimée, le souvenir d’une femme disparue et une amie-lutin - dans une construction de château de cartes à laquelle les ruptures de ton et les mélanges de genre donnent une respiration haletante, le récit, entre réalisme et fantastique, bénéficie d’une distribution magistrale avec des comédiens au meilleur de leur forme.

Faisant référence à François Truffaut qui écrivait à Catherine Deneuve à la veille d’un tournage : «  Il est exclu de penser que nous ferons un chef-d’œuvre  ! On essaiera de faire un film vivant », Arnaud Desplechin a écrit un film à la fois d’une grande liberté formelle et d’une grande rigueur narrative.

Les extérieurs lumineux (la maison de vacances, la proximité de la mer) contrastent avec les intérieurs (les couloirs ou les bureaux ,les salles de réunions d’un Ministère).

Les personnages, qu’ils surgissent de nulle part, auréolés de mystère (Carlotta-Marion Cotillard), qu’ils soient solidement ancrés dans la réalité (Sylvia-Charlotte Gainsbourg), qu’ils soient faussement lunaires(Ivan-Louis Garrel), obsédés par la mort prochaine (Bloom- Lazlo Szabo) ou désinvoltes (Zwy -Hippolyte Girardot) apportent, par une variété contrastée, relief et profondeur de champ à un récit à la fois structuré et déjanté.

On se laisse porter par les surprises que réserve le film, le fil de l’espionnage, le jeu des rivalités amoureuses, les parenthèses burlesques et la virtuosité du brassage des genres.

Francis Dubois

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