Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Mohamed Diab (Egypte)

"Les femmes du bus 678" Sortie en salles le 30 mai 2012

Faysa, Seba et Nelly vivent au Caire et subissent quotidiennement un machisme agressif et impuni, dans les bus, dans les rues et jusque dans leurs maisons.
Faysa qui porte pourtant le foulard et des tenues austères en est au point, que pour se rendre à son travail, elle n’emprunte plus les transports en commun mais le taxi dont elle doit marchander le prix de la course.
Seba et Nelly qui sont logées à la même enseigne vont décider de s’élever contre le harcèlement sexuel en même temps que Faysa, mais chacune à sa façon.
Faysa en répondant aux attouchements dont elle victime dans le bus à l’aide d’une épingle ou d’une lame, et Nelly en traînant, malgré tous les obstacles qu’elle rencontre, un de ses agresseurs devant la justice.
En réalisant "Les femmes du bus 678" inspiré de l’histoire réelle de Noha Rushdi qui a osé affronter son agresseur et qui, en le faisant condamner à trois années d’emprisonnement, a créé un cas de jurisprudence en Egypte, Mohamed Diab à ouvert une brèche dans un pays où souvent, le premier cadeau qu’un homme offre à sa fiancée est une bombe d’auto-défense !
Le film est sorti en Egypte sur 45 copies, un mois avant la révolution. Et non seulement il a connu un succès considérable mais il a été l’occasion de débats houleux entre ceux qui niaient les faits et ceux qui se félicitaient de voir enfin les mœurs évoluer.
Mohamed Diab a été la cible de plusieurs procès qui portaient sur la mauvaise image de l’Egypte que donnait son film ou sur le fait qu’il incitait les femmes à se venger des hommes avec violence.
Mais non seulement le réalisateur a gagné ses procès mais dans le même temps, une loi était votée, officialisant le délit de "harcèlement sexuel".
"Les femmes du bus 678", s’il est un film engagé qui décrit une Egypte au quotidien en lente mutation, reste d’une certaine façon fidèle au cinéma traditionnel égyptien qu’on connaît, en passant par une image et des situations qui pourraient s’apparenter à l’atmosphère du roman photos. Les relations hommes-femmes, la résistance des idées reçues, le souci d’une dignité de façade, l’image de la famille ou les difficultés économiques que connaît le pays, bénéficient du caractère social du film et de son traitement aussi original que traditionnel.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)