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Un film d’Antoine Barraud (France)

"Les gouffres" Sortie en salles le 8 janvier 2014

D’immenses gouffres dont on ignorait jusqu’ici l’existence viennent d’être découverts à l’autre bout du monde.

Une équipe de chercheurs est envoyée sur place pour les explorer.

L’entreprise est d’autant plus dangereuse que la région où les gouffres se situent est secouée par de fréquents tremblements de terre.

L’exploration va se dérouler sous la direction de Georges Lebrun venu avec son épouse.

Consciente des risques que court son époux, celle-ci, prise dans les angoisses de l’attente va bientôt être elle aussi happée par l’attrait du vide.

Le début du film d’Antoine Barraud n’augure en rien qu’il est une métaphore. Le couple

arrive sur les lieux d’où partira l’équipe d’exploration. Les secousses sismiques qu’ils ressentent au cours du voyage en voiture, n’ont rien d’inquiétant.

Le premier signe de glissement narratif passe inaperçu : avant de quitter son épouse, Georges Lebrun face à un miroir, a l’impression que les traits de son visage se sont modifiés.

Avec le départ de l’expédition, les affres de l’attente commencent pour la jeune femme. Le téléphone doit donner des nouvelles mais bientôt, il cesse de sonner et d’autres signes interviennent qui, imperceptiblement, amplifient l’angoisse. Mais plus seulement celle de la jeune femme mais aussi, progressivement, celle du spectateur.

Une étrange femme de ménage anglaise propose sa compagnie à la jeune femme. Elle lui confie qu’elle est là depuis peu et que sa présence dans cette maison qui, petit à petit se charge d’étrangetés, n’est justifiée que par la proximité des gouffres vers lesquels elle a une irrésistible attirance.

C’est avec la découverte par la jeune femme d’une béance sous le lit où elle tente de trouver le sommeil, que le film bascule dans une autre dimension narrative.

Par ce trou qu’elle a découvert, elle va plonger dans les profondeurs peuplées d’étranges présences, dans ces gouffres où elle espère trouver trace de son époux.

" Les gouffres" devient un film d’épouvante et les profondeurs, les frayeurs et l’angoisse sont d’autant plus terrifiantes qu’elles gardent des points d’achoppement avec les éléments concrets du début.

L’attente a-t-elle plongé la jeune femme dans la folie ou bien sa présence dans les gouffres n’est-elle qu’un rêve ?

La réalité concrète reprendra le dessus quand le téléphone sonne enfin et qu’on apprend à la jeune femme que son mari qui a connu de grandes difficultés lors de l’exploration a été retrouvé et qu’il est désormais hors de danger.

Mais lorsqu’elle le retrouve et qu’elle l’étreint, c’est bien sa voix qu’elle entend, mais ce n’est plus le même visage.

Un film étrange qui raconte, par un étrange cheminement, le basculement du réalisme dans les profondeurs du fantastique, de l’imaginaire et de la folie.

Francis Dubois

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