Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film d’Alain Resnais (France)

"Les herbes folles" Sortie en salles le 4 novembre

Jacques Rivette, avec son dernier film, laissait libre cours à la fantaisie et nous donnait un film jubilatoire.
Alain Resnais, avec une espièglerie presque juvénile, nous entraîne avec "Les herbes folles" dans la fantaisie, dans un récit qui n’a rien de raisonnable, entraîné par un grand vent de liberté…

Une femme se fait voler son sac alors qu’elle sort d’un magasin de chaussures haut de gamme. Un homme retrouve dans un parking souterrain le porte-feuilles contenant ses papiers. Elle s’appelle Marguerite Muir, elle est dentiste et possède une licence de pilotage d’avion. D’instinct il est séduit et n’a de cesse que de rencontrer cette femme qui elle, n’en voit pas l’intérêt. Les réticences de l’une ne font qu’exacerber le désir de l’autre. Leur rencontre éteindra la passion du monsieur mais éveillera celle de la dame. C’est du marivaudage à la Resnais. C’est drôle, intelligent, léger et ça a beau finir sur la fermeture éclair défectueuse d’une braguette de pantalon, ça reste de la même élégance.
C’est peut-être, tout comme Rivette qui n’a plus rien à prouver, que Resnais se lance dans une comédie imprévisible où les personnages échappent à toute psychologie, une fantaisie débridée qui va du coq à l’âne où l’un et l’autre ne cessent de commettre des actes irrationnels et à avancer avec autant de lucidité que d’aveuglement dans le flou où les plonge leurs débordements obsessionnels.
Les deux protagonistes font preuve d’une énergie considérable dans une obstinée course à l’erreur. Ils sont atteints du désir de désir. Lui, trouvant le moyen d’alimenter son besoin d’elle avant même de l’avoir vue ou d’avoir entendu sa voix au téléphone, elle faisant naître son désir au moment où il lui échappe, et c’est cette quête échevelée qui a donné à Alain Resnais l’idée du titre. Marguerite Muir et Georges Palet ont l’énergie et l’insolence de ces graines qui poussent avec vigueur dans des endroits improbables, une fente de l’asphalte ou entre deux pierres d’un mur…
"Les herbes folles" est l’adaptation d’un roman de Christian Gailly, et si la trame et les dialogues ont été respectés, comédiens et techniciens ont lu plusieurs livres de l’auteur pour mieux s’imprégner de l’atmosphère et de la musicalité de ses récits.
Sabine Azema et André Dussolier, en fidèles complices, jouent leur partition de façon échevelée, avec une élégance espiègle.
Les réalisateurs de la nouvelle vague d’il y a bientôt soixante ans ont gardé une fraîcheur d’inspiration de jeunes gens…
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Laissez bronzer les cadavres »
    Au bord de la Méditerranée, en plein été, sous un soleil de plomb. Pour cacher leur butin, deux cent cinquante kilos d’or en barre, fruit de l’attaque d’un fourgon, Rhino et ses comparses ont trouvé... Lire la suite (15 octobre)
  • « Bricks »
    La fabrication des briques espagnoles incarne la réussite puis la faillite économique d’un pays. La destruction d’un matériau symbolique sacrifié par la crise, par l’abandon de chantiers de... Lire la suite (15 octobre)
  • « The square »
    Christian est un homme divorcé qui aimerait consacrer plus de temps à ses deux jeunes enfants. Conservateur d’un musée destiné à exposer des œuvres d’art contemporain, il appartient à cette catégorie... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’Assemblée »
    Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement « Nuit Debout ». Ce seront, au quotidien et pendant trois mois, des rassemblements pacifistes qui ne sont pas des manifestations de... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’école buissonnière »
    Paul, une douzaine d’années, a toujours vécu entre les murs d’un orphelinat. Lorsqu’il est confié à Célestine, une dame de la campagne, sa vie va totalement changer. Célestine qui sert au château est... Lire la suite (11 octobre)