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Un film de Ella Lemhagen (Suède)

"Les joies de la famille" Sortie en salles le 7 octobre

Le titre annonce une comédie et le début du film ne dément pas. Göran et Sven, un couple homosexuel s’installent dans un pavillon de la banlieue chic d’une ville de Suède. Les habitants très conventionnels de cette résidence protégée s’accommodent moyennement de ce nouveau voisinage inattendu même si la Suède est un des rares pays de la communauté européenne à avoir voté une loi autorisant le mariage gay.
Göran et Sven ont également déposé un dossier d’adoption et attendent avec impatience une réponse positive à leur demande. L’enfant dont ils auront la charge est bientôt annoncé. Mais une coquille s’étant glissée dans la fiche signalétique, ce n’est pas un garçon de quinze mois qui leur arrive mais un adolescent de quinze ans au passé déjà chargé…
Les pièges qui menacent le traitement de ce type de sujet sont nombreux et l’on craint fort, au début du film de s’être fourvoyés dans un divertissement plat. Les premières scènes, notamment celles de la garden-party au cours de laquelle Göran et Sven se présentent à leurs voisins sont du domaine de la comédie facile et l’on échappe ni aux bafouillages et regards gênés, ni aux apartés attendus… L’arrivée de Patrick, adolescent révolté ne donne pas plus de définition au film. Sinon que, provoquant l’éclatement du couple, elle fait par moments pencher l’histoire du côté du drame conjugal et ne révèle d’autres indications sur les personnages, notamment sur celui de Sven dont on apprend qu’il est alcoolique et que ce qu’il reproche entre autre à Patrick c’est d’appartenir à un milieu qu’il a fui… SNES_LesJoiesDeLaFamille
Puis, tout à coup, le film abaisse les cartes, nous révèle son vrai jeu. Toutes les réserves à propos d’un récit sans originalité s’estompent et le récit prend sa vraie coloration, celle d’une sorte de conte de fée prenant appui sur des arguments immédiatement modernes.
Et toutes les lignes de la narration convergent dans la direction d’un angélisme non dissimulé et non dépourvu d’émotion… Mais il serait réducteur de s’en tenir aux seuls faits. C’est vrai, le couple se rabiboche, c’est vrai l’adolescent se coule dans l’existence douillette, c’est vrai les voisins s’humanisent mais c’est la tonalité avec laquelle tout cela est traité qui opère une franche séduction et la scène finale est à la fois d’une irrésistible drôlerie et d’une grande profondeur.
"Les joies de la famille" est une comédie divertissante qui ne perd jamais de vue la gravité de son sujet.
Francis Dubois

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