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Un film de Gilles PERRET – France - 2013

’’Les jours heureux’’ – en avant première sortie en salles le 6 novembre

Savez-vous que " Les jours heureux " est le titre optimiste donné par ses auteurs au programme du Conseil National de la Résistance, écrit dans la clandestinité entre mai 1943 et mars 1944, dans une des périodes les plus sombres de l’occupation nazie, alors que venait de périr sous la torture Jean Moulin, qui avait initié ce CNR représentatif des différents partis politiques, syndicats et autres forces de la résistance ?
Après "Ma mondialisation" suivi de "Walter, retour en résistance" et "De mémoires d’ouvriers", Gilles Perret consacre son 4ème long métrage (son douzième film documentaire), comme les deux précédents, à des moments forts de notre histoire qu’il met en relation avec notre présent pour le questionner et contribuer à éclairer le futur.
Il est passé maitre dans l’art du montage d’images d’archives, de témoignages forts et inédits recueillis auprès de ceux qui furent des grandes figures de la Résistance, qui continuent à en défendre les valeurs et les projets émancipateurs, en alternance avec les réalités, évolutions et combats d’aujourd’hui.

Stéphane Hessel et Gilles Perret pendant le tournage

On y retrouve Stéphane Hessel, dont Walter Bassan inspira son célèbre "Indignez-vous !" ("Walter, retour en résistance" est l’histoire du voisin de Gilles Perret en Haute-Savoie, résistant, déporté et infatigable narrateur des valeurs de la résistance auprès des jeunes). On y découvre aussi quelques-uns des survivants du CNR au moment du tournage du film... qui ont tous le souci de faire connaître la pensée politique qui les anima pour résister. Le dénominateur commun (par delà quelques divergences entre communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes) était de préparer un projet émancipateur pour l’après-guerre, préconisant l’extension des droits économiques et sociaux, la restauration de la République en rendant effectif ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité... avec un plan d’action à la fois pour l’insurrection et « les mesures à appliquer dès la libération du territoire ».

Raymond Aubrac pendant le tournage

Malgré le détricotage progressif des acquis de ce programme depuis une trentaine d’années sous la pression idéologique du « néo-libéralisme » (privatisations, domination des puissances financières, mise en difficulté des services publics, dégradation de la Sécurité sociale...), nous bénéficions encore d’une grande partie des mesures qui furent mise en application à la Libération, mais la majorité des français en ignore la provenance.
A la question ’’Comment expliquez-vous que cette histoire ne soit pas mieux connue’’ Gilles Perret répond :
« L’histoire de la Résistance nous a toujours été racontée à travers ses faits d’armes. La pensée politique qui l’accompagnait n’a pas été enseignée. Je crois que c’est dû au fait qu’en période de gaullisme, il n’était pas de bon ton de rappeler que la provenance de toutes ces avancées sociales était de gauche, d’inspiration à la fois socialiste et communiste. Ensuite, à partir des années 80 et de l’arrivée du néo-libéralisme, les gouvernements de droite comme de gauche se sont employés à détricoter ce programme avec les
privatisations, la mise en concurrence des services publics, etc. Plus personne n’avait donc intérêt à rappeler cette histoire, qui est celle de la vraie gauche.
 »

Comme les précédents, ce film est tout à la fois une incitation à la réflexion et une véritable création cinématographique avec des moments très émouvants.

Il est particulièrement important de faire débattre autour de ce film en faisant connaître ce qui a pu être réalisé à la Libération dans un contexte autrement plus difficile, alors qu’aujourd’hui des forces politiques et financières voudraient continuer à démanteler, au prétexte de ’’la crise’’, tout ce qui est issu du programme du CNR. Au-delà des quelques avant-premières avec Gilles Perret, signalées ci-dessous, des débats avec l’équipe du film sont progarmmés dans de nombreuses villes. Vous voulez savoir si une programmation est prévue dans votre ville, en prendre l’initiative, organiser une rencontre avec des lycéens... vous trouverez ces informations et beaucoup d’autres sur le site du film
Philippe Laville

Prochaines projections publiques en avant-première en présence du réalisateur :
> mercredi 30/10, Gardanne, dans le cadre de son 25ème Festival cinématographique ], au cinéma « 3 casinos » ;
> dimanche 3/11, Conflans (78), à 17h30, dans le cadre d’un Ciné-débat de la Ligue des droits de l’Homme, au CinéVille (5,rue Arnoult Crapotte, à 250m de la Gare Sncf Conflans-Ste Honorine - à 30’ de Paris-St-Lazare par train direct),
> lundi 4/11, Montpellier, au cinéma LE DIAGONAL,
> mardi 5/11, Perpignan, à 20h, au cinéma Le Castillet,
> le 6/11, jour de la sortie, à Paris, Espace St-Michel à 20h, projection en présence de Léon Landini (résistant) et Gilles Perret.
Calendrier complet des projections-débats à l’adresse http://lesjoursheureux.net/projections/

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