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Un film de Valeria Sarmiento (France)

"Les lignes de Wellington" Sortie en salles le 21 novembre 2012

En 1810, avec à sa tête le Maréchal Masséna, l’armée napoléonienne envahit le Portugal. Mais au cours de la bataille de Buçaco, Masséna est battu.

Cependant, Portugais et Britanniques, sur les directives du Général Wellington, battent en retraite. Cette stratégie devrait permettre d’attirer l’ennemi à Torres Vedras où ont été édifiées des lignes de fortifications infranchissables.

Menée de pair avec une opération de terre brûlée, la stratégie contraint les populations civiles à l’exode. Celles-ci accompagnant l’armée dans sa longue marche, ne trouvent sur leur passage que villages détruits, forêts brûlées et cultures dévastées.

Deux options s’offrent alors à chacun : résister à l’ennemi ou profiter de la débâcle pour laisser libre cours aux plus bas instincts.

On assiste alors, pris dans le tourbillon de cette page d’histoire, au romanesque de destinées individuelles telles celles de Pedro de Alencar, de la jeune anglaise Clarisse Warren, du revendeur ambulant Pena Branca, du sergent Francisco Xavier ou de la prostituée Martrio.

Tous cheminant vers les lignes de Torres Vedras où la bataille finale décidera du destin de chacun.

Ce projet ambitieux devait être réalisé à l’occasion du bicentenaire de la résistance portugaise face aux invasions napoléoniennes.

Le producteur Paulo Branco qui souhaitait que le film soit réalisé par un cinéaste portugais venait de produire " Les mystères de Lisbonne" mais Raùl Ruiz, malade, n’était pas en état de se confronter à la réalisation d’une telle fresque, d’autant plus que le cinéaste ne s’était jamais montré très à l’aise avec les scènes en extérieur. C’est pourtant lui, au cours d’une période de rémission de sa maladie, qui s’est attaqué à la préparation du film, collaborant avec le scénariste Carlos Saboga.

Mais une nouvelle attaque du mal allait survenir et précipiter sa mort.

Le projet se trouvant en panne de réalisateur, Paulo Branco a, dans un premier temps, proposé à John Malkovich, le comédien, compagnon de route de Raùl Ruiz, de se mettre aux manettes et c’est à la suite de son refus et sur ses conseils, que la mise en scène a fini par incomber à Valéria Sarmiento réalisatrice, l’épouse et la collaboratrice du réalisateur chilien.

John Malkovich a, par fidélité à Raùl Ruiz, accepté d’incarner le Général Wellington et se sont joints à lui, toujours par amitié, quelquefois pour de courtes participations, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Chiara Mastroianni, Melvin Poupaud ou Elsa Zylberstein…

Si "Les lignes de Wellington" est une grande fresque guerrière, elle l’est moins par les scènes de combats, d’affrontements que par les longs cheminements de soldats à travers des paysages immenses, par la fuite des populations.

Mais le film de Valéria Sarmiento s’attache beaucoup plus aux histoires intimes qui prennent place et évoluent au sein d’une guerre car pour elle, l’Histoire avec un grand H se vit avant tout avec les petites gens, à travers les petites histoires et dans sa vision des choses, l’ego du personnage de Wellington est moins intéressant que les motivations des anonymes.

Donner, dans cette histoire, de l’importance au peuple portugais lui paraissait primordial et être le propos essentiel du film.

Il est possible que sa mise en scène soit très proche de celle qu’aurait imaginée Raùl Ruiz, et si pour elle, prendre la relève de son époux était un véritable défi, elle nous donne à voir un film magnifique, ample qui n’est pas seulement un hommage au talent de Raùl Ruiz mais une œuvre personnelle par laquelle on se laisse porter plus de deux heures durant, sans ressentir une seule seconde de lassitude.

Francis Dubois

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