A la découverte de l’établissement

Les lycées

LES LYCÉES : GÉNÉRAUX ET TECHNOLOGIQUES (LGT),
POLYVALENTS (LPO) ET PROFESSIONNELS (LP)

L’organisation du lycée

Il scolarise 2,3 millions d’élèves, et mène environ 79 % d’une classe d’âge au baccalauréat. Le lycée est pour cette année encore organisé en trois voies, elles-mêmes divisées en séries. Les réformes récentes (bac pro, 2009 ; LGT, 2010) ont créé de nombreux problèmes. Le projet de réforme du ministre Blanquer les aggrave, et en prépare une multitude d’autres. Si la voie technologique conserve ses séries (remodelées), dans la voie générale, les trois séries (ES, L, S) sont supprimées, et remplacées par un « libre choix » de trois « enseignements de spécialité » en Première, réduits à deux en Terminale (et complétés par un tronc ­commun trop restreint). Mais ce « libre choix » est artificiel, puisque contraint par une offre de spécialités très inégale entre les lycées, et par les enjeux d’organisation des emplois du temps – sans compter les déterminismes sociaux qui pèsent sur ces choix. Il va entraîner une concurrence très forte entre disciplines, et risque ainsi de dégrader les relations entre personnels.
Le baccalauréat serait également réformé, pour reposer à 40 % sur du contrôle continu local – menace grave pour la valeur nationale du diplôme. Son organisation s’annonce comme une usine à gaz épuisante, qui met élèves et enseignants en situation d’évaluation permanente, pendant les deux années du cycle terminal.
Dans les lycées professionnels, la suppression d’un nombre important d’heures d’enseignement général, la mise en place des secondes à champ professionnel vont contribuer à dégrader les conditions d’études des élèves et de travail des enseignants et renforcer la concurrence avec l’apprentissage, fortement promu par ailleurs.

Participation des élèves à la vie de l’établissement
Des instances spécifiques existent telles que le conseil de la vie lycéenne ou la maison des lycéens mais aussi des instances de projets comme le CESC (Comité d’éducation à la santé et la citoyenneté). Les lycéens, parfois jeunes adultes, peuvent y expérimenter la prise de responsabilité, l’autonomie et l’action citoyenne.

Quelles conditions de travail ?
Au lycée, les classes de Seconde (dont 80 % ont 30 élèves ou plus) sont souvent très hétérogènes, et la préparation du bac fait pression sur le cycle terminal. La charge de préparation de cours et de correction de copies est lourde. Les professeurs débutants s’y sentent souvent plus à l’aise qu’au collège, la maturité des élèves facilitant la gestion de la classe et du cours.

La démocratisation du lycée
Répondant à la demande sociale et aux besoins de l’économie, le lycée a su qualifier un nombre croissant de jeunes : la mise en place des voies technologiques (1968) puis professionnelles (1985) a permis de tripler la part des bacheliers dans une génération (20 % en 1970, 64 % en 1994).
À ce jour, 79 % d’une classe d’âge obtient un baccalauréat. Un jeune sur cinq ne trouve donc pas sa place au lycée (souvent des jeunes de milieux populaires).
Les réformes du lycée et du baccalauréat, articulées à celles de l’enseignement supérieur, augurent des changements profonds tant du point de vue de l’exercice du métier que des enseignements.

Avec la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur et la généralisation de la sélection sur profil (Parcoursup), le baccalauréat ne constitue plus la condition suffisante pour poursuivre des études. Les enseignants se voient maintenant investis de la mission de profiler leurs élèves et de fournir un avis sur leur capacité à réussir pour chaque formation. La disparition programmée des séries dans la voie générale et la fragilisation des séries technologiques viennent couronner un projet éducatif qui individualise les parcours et réduit le champ des possibilités de poursuite d’études.

Alors que tous les nouveaux dispositifs (Accompagnement personnalisé, Enseignements d’exploration, stages de mise à niveau, passerelles, tutorat…) présentés comme des panacées ont fait la démonstration de leur échec sur le terrain, dans les discours officiels, le lycée semble devoir être rattaché au supérieur dans une forme de (continuum bac —3/bac +3), avec des projets de réforme de la structure du lycée et du baccalauréat et la scolarité obligatoire se terminerait avec le DNB en Troisième. Si le nouveau gouvernement persistait dans cette voie, ce serait une grave régression car seule une formation initiale longue permet l’élévation des qualifications et l’évolution professionnelle à long terme. Nous demandons que la scolarité obligatoire soit portée jusqu’à 18 ans, avec l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au bac. Pour cela, il faut accepter d’investir dans l’éducation : former les professeurs, donner des conditions d’enseignement et d’études permettant un travail de qualité.

Période de formation des élèves en milieu professionnel (PFMP)
Décrets 2014-1420 du 27/11/2014 et n° 2015-1359 du 26/10/2015 et ­circulaire n° 2016-053 du 29/03/2016.

L’encadrement pédagogique d’un élève est comptabilisé dans le service du professeur pour 2 heures par semaine, dans la limite de trois semaines par séquence de stage. Lorsque ce décompte conduit un PLP à dépasser ses obligations hebdomadaires de service, il doit bénéficier du paiement d’Heures supplémentaires effectives (HSE). Lorsqu’un PLP n’accomplit pas, dans le cadre des PFMP, au cours d’une semaine, la totalité de ses obligations de service, son service peut-être complété, dans la même semaine, par une participation aux actions de soutien et d’aide aux élèves en difficulté ou, à sa demande, par un enseignement en formation continue des adultes. Les équipes pédagogiques participent à l’organisation des périodes de stage.

Dérogation machines dangereuses (PLP, certifié STI)
Les décrets n° 2013-914 et 2013-915 du 11 octobre 2013 fixent la pro­cédure de dérogation aux travaux interdits pour les jeunes de 15 à 18 ans ainsi que la liste des travaux interdits ou réglementés. La procédure de dérogation est détaillée dans la circulaire interministérielle du 23 octobre 2013.
Une dérogation peut être accordée par l’inspection du travail au lieu de formation pour une durée de trois ans. On entend par lieux de formation non seulement le lycée professionnel mais aussi les entreprises dans lesquelles les élèves sont accueillis en Période formation en milieu professionnel (PFMP). Cette dérogation ne peut s’appliquer que pour les élèves préparant un diplôme professionnel et exclut donc de fait les élèves de Troisième Prépa pro ou les élèves de Quatrième et Troisième SEGPA.

La demande de dérogation doit être instruite par le proviseur du lycée ainsi que par les chefs d’entreprises accueillant les jeunes en PFMP. En outre, un certificat d’aptitude doit être émis par le médecin scolaire pour chaque jeune. Il doit être renouvelé chaque année. Les conséquences de ces textes sont difficiles à évaluer complètement, nous conseillons aux équipes pédagogiques d’obtenir un écrit du chef d’établissement pour toute dérogation à l’interdiction de travail sur machines dangereuses.

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