Année 2017-2018

Les lycées : des attaques tous azimuts (Lyon)

Les effectifs se chargent encore en lycée, particulièrement en terminale avec l’arrivée de la génération des enfants nés en 2000. Localement, l’administration déborde alors d’inventivité pour répondre à l’injonction ministérielle du droit au redoublement des recalés du bac dans leur lycée d’origine : changement de spécialité au débotté à Aiguerande, enseignement à la carte pour chaque redoublant de la classe à Chaplin, Classe de redoublants ayant moitié moins d’heures d’enseignement à Branly … Malgré la frustration et la lassitude, les équipes font pourtant face. Quand le travail est particulièrement empêché par des emplois du temps aberrants ou des classes de seconde surchargées, comme à D’Urfé ou à Painlevé, elles se mobilisent même en faisant grève dès la semaine de la rentrée.

Effectivement, nous devons rester combattifs et défendre notre ambition pour le lycée et le bac quelques soient les velléités de renoncement de notre administration locale ou nationale. Malgré les propos rassurants du ministre, on le voit bien, en effet, une profonde mutation du lycée est en marche : le ministère de l’enseignement supérieur, chargé du dossier, compte ainsi réformer APB cette année et une réforme du bac est prévue pour 2021, ce qui enclencherait en classe de seconde des aménagements au niveau des programmes et de l’organisation des enseignements, dès la rentrée 2018.

Or, ce n’est pas parce que l’affectation post-bac a été catastrophique cette année qu’il faut renoncer au principe de libre-choix de la formation universitaire. Ce n’est pas parce le bac doit être repensé qu’il faut le réduire à peau de chagrin et renvoyer au local les difficultés en généralisant le contrôle continu. Nous devons faire entendre notre voix : dénoncer l’insuffisance des capacités d’accueil dans le supérieur, réfléchir à la liaison secondaire- supérieur, tout en avançant des propositions afin de redonner sa valeur au baccalauréat et construire un lycée à la hauteur de cette ambition.

Rindala YOUNES

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