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Un film de Sébastien Betbeder (France)

"Les nuits avec Théodore" Sortie en salles le 13 mars 2013

Un garçon et une fille, Théodore et Anna se rencontrent au cours d’une fête, se plaisent, décident de finir la nuit ensemble. Ils ne le feront pas dans une chambre, chez lui ou chez elle.

Alors qu’ils longent les grilles du Parc des Buttes Chaumont, l’idée leur vient d’enfreindre la règle et d’y pénétrer.

Ils trouvent refuge sous un arbre au branchage épais. Ils s’y retrouveront la nuit suivante ainsi que le surlendemain, découvriront d’autres lieux où s’abriter, la grotte et un pavillon de gardien meublé de bric et de broc.

Une nuit cependant, alors qu’ils se croyaient seuls, ils croisent un homme qui, comme eux passe ses nuits dans le parc.

Le charme de leur histoire sera-t-il rompu ?

Les premières images présentent " Les nuits avec Théodore" comme un documentaire sur le Parc des Buttes-Chaumont. Elles en font un bref historique. Puis le film bifurque rapidement vers la fiction autour du couple dont l’univers s’inscrit entièrement dans le parc et son décor de falaises, lacs, ponts, cascades, grottes et jardins bordant le Temple de la Sybille construit sous Napoléon III.

Aux séquences faisant état du rituel de l’histoire d’amour naissante entre les deux jeunes gens succèdent des films d’archives, des images en noir et blanc, l’apparition sur l’écran de clichés fantomatiques montrant des visiteurs qui ont précédé d’un siècle et demi, Théodore et Anna.

Mais les inclusions étranges ne s’arrêtent pas là. Comme l’apparition de ce psychiatre qui raconte l’expérience d’un homme habitué des lieux, qui les avait quittés et qui a finalement recouvré la santé en retournant aux Buttes Chaumont.

Sébastien Bitbeder, en mélangeant les époques, les histoires, les témoignages, finit par créer un style cinématographique singulier, à établir une dramaturgie qui diffuse très tôt dans le récit, entre la rêverie romantique de "Pelléas et Mélissandre" et "Les quatre nuits d’un rêveur" de Robert Bresson, une sorte d’atmosphère maléfique qui prédispose les deux jeunes gens à devenir des amants maudits.

" Les nuits de Théodore" est d’évidence un film d’auteur. Il s’en dégage beaucoup de charme mais il n’est pas sans défauts. Les dialogues, entre autres, auraient pu être plus écrits ou réduits.

Agathe Bonitzer et Pio Marmaï, deux "valeurs montantes" du cinéma français, sont parfaits.

L’univers nocturne du Parc des Buttes-Chaumont leur va très bien !

Francis Dubois

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