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Un film de Mario Fanfani (France)

"Les nuits d’été" Sortie en salles le 28 janvier 2015.

Metz, 1959.

Michel, respectable notable de province nourrit des ambitions politiques. Il est l’époux d’Hélène, élégante jeune femme qui partage son temps entre œuvres caritatives et l’éducation de leur jeune fils.

Ce couple, de l’extérieur exemplaire, a cependant une faille secrète : tous les week-ends, Michel rejoint son ami Jean-Marie et tous deux, par plaisir, se travestissent en femmes.

Michel devient Mylène et Jean-Marie, Flavia

Michel souhaite rompre avec ce rituel et vendre leur résidence secondaire mais, sur l’insistance de Jean-Marie, la maison est conservée et débaptisée. Elle devient "La villa Mimi", point de ralliement d’une petite communauté d’hommes de la région qui jouent librement à être des femmes.

Cinéma : Les nuits d'été

Mario Fanfani a réalisé un film en deux parties contrastées calquées sur la double vie de Michel.

D’un côté, il peint dans la pure tradition du genre, une famille bourgeoise, l’existence cossue d’un couple exemplaire et de l’autre, il nous entraîne avec le travestissement, dans un domaine opposé,

celui où une poignée d’hommes habillés en femmes, outrageusement grimés, abonde dans le sens de la caricature.

Les deux univers sont si heurtés, si différents, que le lien entre l’un et l’autre ne se fait pas et c’est ce qui aurait dû en être son principal atout qui devient la faiblesse du film.

En introduisant dans le récit le sujet alors brûlant de la guerre d’Algérie, le metteur en scène ajoute une ligne narrative qui sert surtout le personnage d’Hélène et révèle une femme dont les idées avant-gardistes doublées d’audace annoncent l’époque du féminisme

Il y avait là, un sujet intéressant mais encore aurait-il fallu qu’il soit traité avec un peu plus de nuances, du doigté et non à l’emporte-pièce, comme c’est le cas.

Le fonctionnement de la partie bourgeoise est très conforme à ce qu’on en attend, un peu glacé.

Tant qu’on est dans les rendez-vous secrets entre Michel et Jean-Marie en fin de semaine, le récit fonctionne, mais lorsque celui-ci bascule avec l’arrivée tonitruante dans la maison de campagne du groupe de travestis, trop de clichés interviennent, donnant aux séquences un caractère grotesque : la scène du marché, celles de la partie de colin-maillard entre autres tombent dans le panneau de l’excès et produisent un effet néfaste sur l’ensemble de la réalisation.

Tout, désormais sonne faux et il devient pénible de voir, perdus dans des démonstrations de féminité excessive, des comédiens comme Nicolas Bouchaud, Serge Bagdassarian (de la Comédie-Française), Clément Sibony ou Yannick Choirat.

La seule à tirer son épingle du jeu est Jeanne Balibar qui s’acquitte de sa partition avec l’élégance et le raffinement qu’on lui sait et qui convient parfaitement au rôle.

Dommage que cette comédienne qui se fait rare au cinéma, nous revienne dans ce film bancal.

Francis Dubois

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