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Une comédie de Jean-Claude Janer (France)

"Les nuits de Sister Welsh" Sortie en salles le 27 octobre

Emma a seize ans. Elle vit avec sa mère et son beau-père, va au lycée, fait du baby-sitting pour se faire de l’argent de poche. Pour remédier à la monotonie de son existence et à la difficulté de ses relations avec sa mère, elle dispose de plusieurs atouts. Son imagination débordante et son goût pour se transporter dans d’autres époques.

C’est ainsi qu’elle transforme sa mère en Sister Welsh, une femme follement romantique qui brûle d’amour pour le fringant Captain Grant voguant sur les mers lointaines.
Mais l’imagination d’Emma la submerge souvent et, très vite, la réalité et les fantasmes se mêlent pour ne plus former qu’un univers où elle a de plus en plus de mal à distinguer le vrai du faux. Quel modèle féminin lui faudra-t-il suivre ? Celui de sa mère, femme refoulée et maniaque ou celui de Sister Welsh femme passionnée et nourrie d’idéal ?
Heureusement survient dans son univers sentimental quelqu’un de bien réel, Fabrice, qui comprend les dérives et la douleur d’Emma. Mais les attentions du jeune homme ne lui suffisent pas. La voilà qui l’entraîne dans son imaginaire et dans un long voyage en scooter jusqu’à Tanger. Il ne lui restera plus qu’à démêler les fils, et distinguer le monde réel du monde imaginaire, pour vivre comme il survient son premier amour d’adolescente.
Le film de Jean-Claude Janer comporte deux démarches narratives distinctes, celle qui relate la réalité, du point de vue réducteur de l’adolescente. Une réalité terne, très en deçà de ses aspirations, et l’autre axée sur l’imaginaire, les songes, les cauchemars, tout ce qui peut surgir d’improbable dans la tête d’adolescents et pour lesquels la mise en scène fait appel à des effets spéciaux singuliers inspirés de la bande dessinée d’inspiration fantastique. Stylisation des motifs, travail sur la couleur et sur les ambiances…
Jean-Claude Janer prétend qu’il n’a fait, pour créer les univers imaginaires d’Emma, que se souvenir des émissions de variétés de Jean-Christophe Averty, dans les années 70.
Le reproche qu’on pourrait faire à son film est qu’il fonctionne sur un déséquilibre narratif. Que la partie réaliste de son récit n’est pas assez précise ou consistante pour amener un imaginaire du coup beaucoup trop envahissant.
L’idée séduisante de départ est parfois mise à mal mais le film demeure une "curiosité".
Francis Dubois

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