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Un film de Gunhild Westhagen Magnor (Norvège)

"Les optimistes" Sortie en salles le 29 avril 2015.

Elles ont toutes pratiqué autrefois le volley-ball et elles ont décidé de s’y remettre. Elles ont aujourd’hui entre 66 et 96 ans et ont constitué ensemble une équipe hors du commun qu’elles ont appelée "Les optimistes".

Elles s’entraînent régulièrement chaque lundi pour le plaisir du jeu et celui de se retrouver mais, en trente ans, elles n’ont jamais disputé un vrai match.

Une opportunité s’offre : se rendre en Suède pour affronter une équipe masculine à l’identique de la leur.

La proposition de disputer un vrai match provoque un moment de panique dans le groupe, que dissiperont très vite l’énergie et la détermination des vieilles dames.

Mais avant le match, elles sont chacune mises à contribution pour broder les survêtements, trouver un sponsor, convaincre un entraîneur de les coacher, se remémorer les règles qu’elles ont oubliées, se lever tôt pour aller courir, multiplier les séances d’entraînement.

Être senior est peut-être plutôt que l’âge du renoncement, celui où quelque chose peut commencer.

Les optimistes ont décidé de saisir la chance au vol.

Cinéma : les optimistes

Alors, qu’atteignant la trentaine, la réalisatrice avait l’impression d’avoir vieilli et de ressentir son âge, sa mère lui confie qu’elle s’est mise au volley-ball et qu’elle fait dorénavant partie d’une équipe dont la plus âgée des participantes affiche 96 ans.

Remballant ses états d’âme, Gunhild Westhagen Magnor décide de rencontrer l’équipe en question.

Alors que, généralement, on aborde le troisième âge sous l’angle de la solitude et de la maladie, toutes ces femmes et Gora, la doyenne en tête, ont une vision enthousiaste de la vie.

La réalisatrice est tellement frappée par l’état d’esprit, la volonté de battante qui anime chaque membre de l’équipe, qu’elle décide de réaliser un documentaire.

Et c’est cette inflexion positive qu’elle a voulu donner à son film.

Le cancer dont elle est atteinte et dont elle refuse de faire étalage, sa personnalité haute en couleurs auraient pu faire de Goro le personnage récurrent des "optimistes ". Mais l’objectif de la réalisatrice n’était en aucun cas de s’attacher à un ou deux personnages mais plutôt de raconter l’histoire d’une communauté féminine très active.

Et si on associe habituellement les seniors aux saisons tristes, elle est allée à contre-courant des représentations et elle a préféré clore son récit en plein été.

De nombreuses scènes montrent les quinze protagonistes du film au cours de leur rencontre hebdomadaire ou des séances d’entraînement mais le dispositif du film intègre des séquences où les personnages sont dans leur propre environnement.

Parce que l’effet de groupe peut modifier les comportements, la réalisatrice a voulu les montrer

dans un contexte plus intime. L’une chez elle en train de cuisiner, l’autre prenant son petit déjeuner avec son mari, une autre au cours d’un entretien avec une employée de banque auprès de qui elle dépose un dossier de demande de sponsor…

Le film dont la construction est ciselée, joue avec la diversité des personnalités et, s’il est une célébration du mode de vie scandinave, il dresse le portrait d’une génération, des traditions et des rites sociaux

Une équipe de femmes norvégiennes, "les optimistes" va disputer un match contre une équipe masculine suédoise nommée "Les canonniers" !

Les femmes perdront le match face aux hommes. Mais leur volley-ball à elles n’est qu’un cadre pour parler de contacts personnels.

Le match qui se joue métaphorise une lutte engagée contre l’âge et les idées toutes faites.

Perdre ou gagner, quelle importance si ces femmes débordantes d’énergie ont vécu des moments intenses, ont su relever le défi.

L’expérience qui leur a été offerte est bien plus importante que l’enjeu du match lui-même.

De cela, elles ont toujours été certaines.

Quel beau documentaire !

Francis dubois

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