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Un film de Vianney Lebasque (France)

"Les petits princes" Sortie en salles le 26 juin 2013

Jean-Baptiste est un très jeune homme qui a été remarqué pour son talent de footballeur. Depuis toujours, le rêve de devenir un joueur professionnel le hante.

Quand l’opportunité d’intégrer un centre de formation se présente, JB apprend qu’il souffre d’un handicap, une anomalie cardiaque qui lui interdit de pratiquer un sport à haut niveau.

Déterminé à y arriver coûte que coûte, il falsifie les documents médicaux et intègre le Centre.

Jusqu’où pourra-t-il aller pour réaliser son rêve ?

Le sujet n’est pas très neuf mais le film de Vianney Lebasque bénéficie de plusieurs atouts qui le font échapper à l’histoire ordinaire qui menaçait. En premier lieu, la présence à l’écran d’un jeune acteur dont on peut dire, tant il dégage de force et de volonté dans son attitude et dans la force de son regard, qu’il éclaire le film.

Il fallait quelqu’un dont la présence soit singulière, quelqu’un qui soit capable d’opacifier ses émotions pour verrouiller son secret. Et chez Paul Bartel , la blondeur lumineuse, le bleu des yeux qui sont des éléments de limpidité, viennent en parfait contraste avec la personnalité taciturne que nécessite le silence.

Face à Jean-Baptiste, la bonne idée était de faire le choix de deux coachs aussi différents que possible. Par l’âge et par le comportement. L’ancien, interprété par Eddy Mitchell est un individu bourru qu’on sent à tout instant, parce qu’il a fondé là-dessus les lignes de sa fonction, hostile à toute ouverture avouée vers l’autre.

Le plus jeune, incarné par Reda Kateb, incarne la France d’aujourd’hui, métissée et issue de la diversité. Il aurait pu faire une carrière de footballeur mais les circonstances l’ont laissé sur la touche. Il est proche de Jean-Baptiste au point de percer son secret.

"Les petits princes" est, par son côté rayonnant, une comédie mais c’est aussi, de façon souterraine, un drame. C’est également un film social qui montre du foot ses caractéristiques fondamentales qui vont au-delà des frontières sociales et générationnelles.

C’est aussi l’histoire de la volonté de réussir d’un gamin, fils d’agriculteur que rien ne prédisposait au vedettariat et qui, consciemment ou pas, mesurant ou non la part du danger de l’enjeu, brûle sa vie par les deux bouts.

Une autre bonne idée du film est d’avoir choisi pour interpréter Jean-Baptiste un garçon de petite taille dont les capacités sportives ne sont pas évidentes au premier regard.

L’émotion est là. La drôlerie aussi. Les personnages secrets, les personnages hauts en couleur.

C’est un film sur le football mais c’est une histoire qui va bien au-delà des propos de vestiaires.

Francis Dubois

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