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Un film de Michel Andrieu et Jacques Kebadian (France)

« Les révoltés » Sortie en salles le 9 janvier 2019

En mai 1968, ouvriers et étudiants, toutes origines sociales confondues, entrent en lutte contre la morale et le pouvoir en place. Les facultés et les usines sont occupées, les barricades sont dressées, les pavés sont lancés et la parole cède la place aux actes.

Le film de montage qu’ont réalisé Michel Andrieu et Jacques Kebadian nous plonge au cœurs des événements dont le souvenir et les effets sont toujours présents et qui témoignent de l’engagement d’hommes et de femmes qui ont ensemble, marché vers une vraie révolution.

Cinéma : Les révoltés

« Les Révoltés » de Michel Andrieu et Jacques Kébadian a un double effet : une mise à distance des événements de mai 1968 et les résonances qu’ils peuvent avoir cinquante ans plus tard avec notre présent, voire avec notre avenir.

Les images tournées « à chaud » par des réalisateurs de toutes sortes et par des élèves en cinéma semblent inépuisables, s’enrichir à chaque fois de nouvelles inédites, constituent les traces audiovisuelles d’un épisode essentiel de notre histoire.

Les travaux des deux réalisateurs sont d’avoir su retrouver et organiser des images d’époque, y compris celles qu’ils pouvaient avoir tourné eux-mêmes.

Ils ont parvenu, grâce à un montage virtuose et à une travail soigné sur le son, à restituer toutes l’énergie et la violence dans la détermination et les affrontements.

L’essentiel de leur film est dans la définition de la singularité de ce moment caractérisé par la révolte d’une jeunesse surtout étudiante en lutte contre un ensemble de conventions d’un autre âge et par le monde ouvrier soudain conscient que des choses autres de celles qui semblaient être leur lot sont possibles.

A ces certitudes viennent s’ajouter la croyance sociale associée à d’autres événements et qui ont laissé des traces comme la révolution cubaine, les décolonisations, les mouvements de la libération nationale, le dégel soviétique qui sont la preuve qu’un monde est en train de basculer et qu’il existe une possibilité historique de tout changer.

Pas seulement un énième film sur Mai 1968 mais une œuvre dont chaque scène semble totalement inédite et dont la force historique est intacte.

Francis Dubois

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