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Un film de Marius Holst (Norvège-France-Pologne-Suède)

"Les révoltés de l’Ile du diable" Sortie en salles le 23 novembre 2011

L’institution de Bustoy fut créée au début du 20ème siècle en Suède, pour accueillir des adolescents indociles. Les règles en vigueur dans l’établissement, basées sur un fonctionnement d’une extrême rigueur, étaient censés amener les esprits les plus rebelles à la docilité pour en faire plus tard des citoyens dignes d’être rendus "en bon état" à la société.
En plein hiver norvégien, deux nouveaux pensionnaires font leur entrée dans le Centre : le farouche Erling et son contraire, un gamin fragile qui réunit tous les signes pour devenir la tête de turc du personnel encadrant et des autres pensionnaires.

Erling n’est pas la tête brûlée qu’on attendait. C’est un être dont le regard juste va, petit à petit, déséquilibrer le fonctionnement, jusque-là huilé, de l’institution.
La façon dont Marius Holt fait évoluer le personnage de Erling donne toute sa crédibilité et sa force au récit. L’adolescent ne fait pas preuve d’une rébellion aveugle ou désordonnée. Sa détermination à remettre en question l’autorité excessive qui règne dans l’établissement, certaines dérives qu’il à détectées dans le fonctionnement lui permettent d’avancer dans la démarche qu’il s’est fixée.
Le garçon est-il assoiffé de justice ou, fort de ce charisme dont il est conscient, s’est-il donné d’entrée pour objectif d’arriver à mettre à terre, des êtres dont le besoin de pouvoir n’a jamais rencontré le moindre obstacle jusque-là ?
Les fêlures qu’il provoque sont à peine perceptibles et tellement souterraines que le personnel encadrant ne voit pas la menace grandir. Car, derrière les apparentes forteresses que sont le Directeur ou le surveillant général, il y a une fragilité insoupçonnable que seul Erling a su déceler, et dont il va se servir pour mieux ouvrir et exploiter la faille.
Le sujet du film de Marius Holst n’est pas neuf mais le récit, s’il est dans le descriptif du fonctionnement de l’Institution, n’en fait pas pour autant son motif principal. La démarche du réalisateur, beaucoup plus subtile, s’attache aux personnages débarrassés de tous les clichés attendus. Entre Erling et le Directeur s’établit, dans l’affrontement, une sorte de connivence enfouie, chacun étant conscient du combat qui s’engage, est peut-être inconsciemment renseigné sur son issue.
La sobriété du sujet, du cadre de l’histoire, des décors sont ici assortis de la sobriété de l’interprétation et de celle d’une image qui parvient, par sa grande simplicité, à créer un esthétisme singulier.
"Les révoltés de l’île du diable" trouve curieusement son originalité dans un certain académisme.
Francis Dubois

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