Actualité théâtrale

jusqu’au 24/2/2008

"Les riches reprennent confiance" Théâtre de Poche Montparnasse

Louis-Charles Sirjacq a écrit "Les riches reprennent confiance" il y a une dizaine d’années. Les deux personnages principaux de la pièce, hommes d’affaires insatiables, aveuglés par le profit ont pour modèle, de façon à peine déguisée, des hommes du même acabit existants et qui ont fait l’actualité au cours de ces dernières décennies. Le temps a passé et sa pièce est toujours et peut-être plus que jamais d’actualité. De là dire que depuis bien longtemps, les riches n’ont jamais perdu confiance…
Bruno Sobin, la cinquantaine rassurante, a le profil du self-made man. Son allure rustique, son propos bourru et un rien blasé cachent à peine le redoutable homme d’affaires. Sa fortune, il l’a montée avec la vente à prix fort d’une société qu’il s’est appliqué à faire chuter par la suite pour la racheter à moindre prix le moment venu.Tout cela avec l’air de faire une bonne action. Si Bruno Sobin reconnaît la nature ravageuse de se méthodes et de sa course au profit, il n’y trouve pas moins une justification généreuse quand il dit : C’est en cherchant son propre profit qu’on peut le mieux aider les autres…
Une société tenue par trois sœurs est sur le déclin . Elle est prête à tomber dans son escarcelle. L’avenir juteux étant du côté des pays asiatiques il fera fabriquer en Chine le produit que l’usine fabriquait jusque là garanti par des décennies de tradition française. Il est peu regardant sur les conséquences de cette délocalisation qui, si elle est pour lui un bon coup financier, portera un coup fatal à une région touchée par le chômage.
Bruno Sobin montre autant de confiance que de méfiance à l’égard de Grammont, son bras droit, personnage cynique et sans scrupules, qui fait feu de tout bois quand il s’agit d’arriver à ses fins et qui n’hésite pas à mêler à l’argent, une malhonnêteté sentimentale. L’affrontement sera féroce. Le combat final laissera beaucoup de monde sur le carreau.
Et même si le dénouement en forme de pirouette affaiblit un peu le propos de la pièce, il nous nous aura été donné pendant deux heures l’occasion de visiter dans son intimité le monde des affaires et de ses terribles acteurs avec un texte d’une intelligence, d’une finesse et d’une férocité qui échappe à la caricature et aux mots d’auteurs, et que soutiennent un groupe de dix comédiens remarquables.
La mise en scène d’Etienne Bierry est vive et utilise avec astuce une scène minuscule où un décor minimaliste sert parfaitement l’atmosphère de chaque scène.
Francis Dubois

Théâtre de Poche Montparnasse
75 Boulevard Montparnasse. 75006
Réservations au 01 45 48 92 97 en vous réclamant du Snes-Fsu

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