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Un film de Laurent Laffargue (France)

"Les rois du monde" Sortie en salles le 23 septembre 2015.

A Casteljaloux, un village comme un autre du sud-ouest de la France, entre amitiés, rivalités, plaisirs du zinc et bavardages de comptoir, les hommes sont les rois du monde.

Lorsque Jeannot, dont les emportements imprévisibles masquent une grande sensibilité, sort de prison, il n’a qu’un objectif : reconquérir Chantal, la belle fille du village qui, pendant qu’il purgeait sa peine s’est consolée dans les bras de Jacky, le boucher du village.

Cinéma : les rois du monde

Sur une trame narrative aussi attendue, il aurait fallu la main d’un réalisateur chevronné pour apporter un éclairage personnel et plus de singularité à cette chronique villageoise qui, sous la houlette de Laurent Laffargue, metteur en scène de théâtre reconnu, ne dépasse à aucun moment les limites du téléfilm pâlichon.

Il s’est pourtant entouré de comédiens talentueux, Celine Sallette, Sergi Lopez, Romane Bohringer ou Guillaume Gouix qui font de leur mieux pour donner un peu d’épaisseur au récit.

Mais c’est peine perdue car les personnages qu’ils interprètent sonnent creux, les situations auxquelles le scénario les confronte relèvent toutes du poncif.

La chronique villageoise reste terne de bout en bout, navigant au gré des passages obligés comme la fête foraine, un trio de jeunes prisonniers peu crédibles, le boucher du village, les allées et venues et inévitables commérages.

La vieille amie au grand cœur est elle aussi au rendez-vous avec son accoutrement de baba cool et au boucher bougon au cœur tendre, on a demandé de multiplier les regards de chien battu pour en faire un" colosse aux pieds d’argile".

Que reste-t-il à sauver du personnage de l’ex taulard qui, pour reconquérir sa belle, trace au sol un chemin de roses rouges ou de celui de Chantal, la belle jeune femme torturée par ses hésitations amoureuses ? Ou encore de celui de Jean-François, l’homosexuel en milieu rural dont on aurait pu tirer autre chose qu’un stéréotype ?

Le film déroute plus encore dans sa conception et dans sa construction quand on lit dans le dossier de presse : "La tragédie grecque prend (alors) des allures de western".

S’il avait la prétention d’atteindre les domaines de la tragédie grecque et du western, l’échec est encore plus cuisant.

Francis Dubois

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