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Un film de Christian Vincent (France)

"Les saveurs du Palais" Sortie en salles le 19 septembre 2012

Hortense Laborie est cuisinière. Elle pratique une cuisine de tradition familiale dans le Périgord, où elle a ouvert un restaurant.

Un beau jour, recommandée par un de ses collègues, elle est contactée par les gens de l’Élysée pour devenir la responsable des repas personnels du Président de la République.

Dans un premier temps réticente, elle finit par accepter et débarque dans un monde totalement inconnu où rivalité, jalousie et intrigues de toutes sortes sont monnaie courante.

De cela, Hortense, femme au caractère bien trempé, fait son affaire mais les obstacles sont nombreux et face aux antipathies qu’elle inspire, l’admiration que lui porte le vieux Président sera-t-elle suffisante pour lui venir en aide ?

Nous avons, en France, une poignée de cinéastes de talent, toujours exigeants, un peu francs-tireurs, qui travaillent dans une tonalité populaire (au bon sens du terme) fabriquent des œuvres personnelles, en demi-teintes et sans tapage, et qui font parfois de beaux succès publics.

Ce sont, pour ne citer qu’eux mais la liste n’est pas exhaustive, Philippe Lloret (" Mademoiselle", "Welcome", "Toutes nos envies") , Jean-Pierre Améris ( Le émotifs anonymes"), Stéphane Brisé ’("Le bleu des villes ") ou Christian Vincent qui réalisa " La discrète" et il y a pas mal d’années déjà, un très sensible "Beau fixe".

Ce sont des réalisateurs talentueux sachant construire un récit, de bons directeurs d’acteurs, qui font aussi bien leur affaire d’un sujet intime, d’un fait de société ou d’un sujet politique.

Etienne Comar, l’heureux producteur de " Des Dieux et des hommes" de Xavier Beauvois, tenait avec l’histoire de Danièle Delpeuch, cette cuisinière d’origine paysanne propulsée du jour au lendemain dans le panier de crabes qu’est l’entourage d’un homme politique, un sujet en or qui pouvait donner une comédie dont le cinéma français pourrait ne pas avoir à rougir.

Les raisons qui lui ont fait porter son choix sur le réalisateur Christian Vincent est que celui-ci est un gastronome, un bon directeur d’acteurs doublé d’un œnologue et qu’il "adore" la cuisine authentique.

Autant dire que nous sommes en plein dans le film de commande et que les seules qualités précitées de Christian Vincent allaient suffire pour faire de lui un bon exécutant.

Et ça ne manque pas. "Les saveurs du Palais" est le type même du film formaté à livrer clé en mains à un public acquis d’avance. Le décor pour le plaisir des yeux et la curiosité, les intrigues pour faire semblant de rentrer dans l’intimité d’un univers lointain font "le fond de pâte" de la comédie surtout pas outrancière.

Et Catherine Frot pour faire ce qu’on attend d’elle, du Catherine Frot (que celui qui trouvera une différence dans son jeu entre la DRH de " Bowling" et la cuisinière de l’Élysée dans ce film lève le doigt !).

Elle remplit tout l’espace avec ses mimiques éprouvées et sa façon de donner de la gueule. Il n’y en a que pour elle, c’est de bonne guerre, mais un des intérêts majeurs du film est peut-être bien ailleurs, avec la révélation d’un jeune comédien de grand talent qui tient le premier rôle masculin du récit, l’aide en cuisine d’Hortense, Arthur Dupont.

Jean d’Ormesson joue avec une certaine distance et de l’élégance un Président de la République d’opérette et les lots de compensation nous viendraient plutôt du côté des petits rôles tenus par des comédiens de théâtre, Laurent Poitrenaud, Hervé Pierre, Nicolas Chupin Samuel le Lièvre ou Roch Lebovici…

Francis Dubois .

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