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Un film de Guillem Morales (Espagne)

"Les yeux de Julia" Sortie en salles le 22 décembre 2010

Julia n’arrive pas à croire au suicide de sa sœur, atteinte au moment de sa mort de cécité évolutive, même si tous semble indiquer qu’elle s’est donné la mort.
Elle décide de passer au crible les événements qui sont survenus au cours des mois qui ont précédé le drame. Des éléments suspects se font jour, en rupture avec la personnalité de Sara et que vient confirmer le fait qu’elle ait rompu tout contact avec son entourage.
Tout cela alimente les soupçons de Julia et l’entraîne sur des pistes qui vont finalement révéler les circonstances réelles du décès.
Julia devient alors l’objet d’une menace latente de plus en plus précise que personne dans son entourage immédiat ne semble percevoir, alors qu’atteinte de la même maladie que sa sœur, les symptômes de sa prochaine cécité se précipitent et la plongent de plus en plus dans l’obscurité.

Les interventions et l’amour de son mari Isaac avaient jusque là eu raison des attaques de cécité dont elle était prise mais cette fois-ci, la maladie semble l’entraîner irrémédiablement dans le monde des ténèbres.
"Les yeux de Julia" plonge d’entrée dans un univers de sensations fortes en jouant de façon frontale mais toujours subtile avec la frontière qui sépare le visible de l’invisible, le réel de l’irréel, la réalité de l’imaginaire.
En menant des investigations à propos de la mort de sa sœur, Julia plonge dans un enchaînement de situations extrêmes. Et c’est en associant les pièces du puzzle dont elle dispose pour trouver la vérité, qu’elle va découvrir que quelque chose de menaçant se produit autour d’elle, de très semblable à ce qui menaçait sa sœur dans les derniers jours de sa vie.
"Les yeux de Julia" réunit toutes les conventions du film d’épouvante pour raconter l’histoire d’une femme qui ne parvient pas à se résoudre à perdre la vue. La film progresse par à coups en fournissant presque imperceptiblement de nouveaux éléments du puzzle qui viennent s’ajouter mais auquel il manquera longtemps les pièces maîtresses.
Le déroulement du film implique le spectateur puisqu’il ne fonctionne que du point de vue de l’héroïne, qu’il ne voit que ce que voit Julia et ne ressent que ce qu’elle ressent.
Aux plans formel et émotionnel, le récit n’évite aucun effet pour mieux nous entraîner avec Julia dans les régions extrêmes des ténèbres où se trouve la vérité.
Un musique tonitruante et frontalement redondante, des bruitages amplifiés soutiennent une image impressionnante, un enchaînement de situations et de rebondissements qui ne laissent aucun répit. Le personnages sont d’autant plus inquiétants qu’ils sont en apparence anodins.
Les amateurs de films d’épouvante trouveront sans aucun doute le menu savoureux, copieux et habilement épicé. Frissons garantis…
Francis Dubois

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