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Un film de Jessica Palud (France)

"Les yeux fermés" Sortie en salles le 1er mai 2013

A la suite d’un grave accident qui l’a plongé dans une longue période de coma, Pierre retrouve la maison familiale.

Tout est à réapprendre pour ce garçon de vingt-six ans maintenant, qui doit réinventer les gestes quotidiens mais également la façon d’approcher ceux qui autrefois lui étaient proches et que l’absence et la maladie ont éloignés de lui.

Avec l’amitié et le secours de Claire, l’infirmière avec qui se sont tissés des liens d’amitié et de confiance, et en renouant avec les personnages d’autrefois, en découvrant leurs blessures et leurs joies, Pierre va petit à petit se reconstruire.

Le film de Jessica Palud ne manque pas de qualités. Il bénéficie de deux atouts essentiels : la façon que la cinéaste a de filmer la campagne sarthroise, l’hiver, dans ce qu’elle peut avoir de sinistre, de désespéré et de revigorant à la fois. Mais également la façon délicate avec laquelle elle parvient à créer une harmonie complice entre l’environnement et le personnage en l’état, tout juste rendu à la vie et si vulnérable du jeune homme.

L’autre atout est le jeu sensible, l’innocente curiosité et le regard chargé de candeur de Simon Buret qui interprète Pierre.

Ce garçon, compositeur et chanteur du groupe " Aaron" qui n’a jusque-là fait que de brèves incursions, presque accidentelles semble-t-il, dans le cinéma, possède ici la grâce d’un débutant inspiré.

Le personnage et le comédien apparaissent comme une vraie rencontre.

Le rôle de Pierre a été écrit pour Simon Buret et, en jouant sur un registre restreint, il parvient à donner consistance à ce personnage fragile, silencieux, égaré dans un monde qu’il redécouvre, dont le moindre écart l’effraie et dont on redoute à chaque instant qu’il ne le fuie.

Les personnages secondaires sont malheureusement plus attendus alors qu’il aurait fallu pour étayer ce récit fragile un arrière-plan narratif plus solidement élaboré.

On regrette que les dialogues qui leur reviennent ne soient pas plus écrits.

Il en est de même pour le texte en voix-off qui ne se veut pas narrative mais dont le lyrisme, même s’il est retenu, nuit quelque peu au récit sans pour autant servir la poésie du film.

"Les yeux fermés" s’est écrit, monté, tourné très vite. C’est une œuvre sensible dont la fragilité est en quelque sorte, la force.

On attend le prochain film de Jessica Palud et les prochaines apparitions à l’écran de Simon Buret avec beaucoup de curiosité.

Francis Dubois .

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