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Un film de Frédéric Chaudier (France)

"Les yeux ouverts" Sortie en salles le 3 novembre

En 2003, pendant dix mois, Frédéric Chaudier a accompagné son père dans le Centre de soins palliatifs Jeanne Garnier à Paris, un établissement privé à but non lucratif. Il a pu, au fil des ses visites fréquentes auprès du malade, tisser des liens avec le personnel de l’établissement, médecin chef, aides soignantes, kinésithérapeutes… Ce qui lui a permis d’y revenir quelques années plus tard et d’y tourner un documentaire.
"Les yeux ouverts" est une réflexion sur ce qu’est la fin de l’existence, la rupture avec ce qu’a été la vie active, la perte des moyens physiques et intellectuels dans le meilleur des cas et la déchéance totale du corps et de l’esprit favorisée par l’isolement et la perte des repères sociaux et affectifs.
Le film de Frédéric Chaudier capte avec beaucoup de pudeur ce qu’il reste de goût de vivre à ceux qui ont compris qu’ils ont entamé la dernière ligne de leur parcours et qui, ayant intégré cette évidence à leur quotidien chaotique de malade, sont capables d’un dernier sursaut.

Le cinéaste s’attache à quelques uns des patients les plus à même de se présenter devant la caméra et d’y montrer un regain d’énergie. Un projet de séjour à La Rochelle occupe l’un d’eux prompt à pratiquer l’humour et dont l’œil pétille encore, témoin d’une certaine gourmandise. Un femme est restée soucieuse de son apparence. Alitée, elle n’en passe pas moins beaucoup de temps à se maquiller devant un miroir, à choisir ses vêtements et accessoires et à se parer de ses bijoux. Un autre écoute avec délectation une jeune infirmière lui rappeler, en s’accompagnant à la guitare, les chansons qui ont jalonné sa vie.
Le film fait défiler devant la caméra, un personnel serein et attentif qui parle de sa mission, de son souci d’être à l’écoute des patients, d’apporter chaleur humaine et réconfort. Il nous montre par exemple, dans une salle de garde, toute une équipe de soignants, bouleversée par la mort dans la nuit d’un des patients…
L’établissement de soins palliatifs Jeanne Garnier qui offre un service de qualité, un encadrement de presque tous les instants à ceux qui viennent y vivre les derniers moment de leur vie, est sans doute une exception et toutes les personnes en fin de vie n’ont pas la chance, les moyens financiers de jouir de tant d’attentions de la part d’un personnel qui se plaint généralement de voir ses conditions de travail se détériorer et de devoir parer au plus urgent, au détriment d’un réel contact avec les patients.
On comprend mieux la démarche du film de Frédéric Chaudier quand on sait que le Ministère de la Santé en est le coproducteur. Ce film qui montre avec une forte dose d’angélisme le fonctionnement de l’établissement serait complet s’il levait aussi le voile sur ceux qui finissent leur vie dans de toutes autres conditions.
Francis Dubois

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