Actualité théâtrale

au Théâtre du Marais

« Les zhumoristiques » jusqu’au 13 mars 2010

D’abord il y a un texte, celui de Michel Monnereau, un ensemble d’aphorismes, de saynètes très courtes, d’épitaphes extravagantes, de calembours.
On pense bien sûr à Pierre Dac et Francis Blanche, à Alphonse Allais, à Boris Vian, bref à tous ceux qui nous ont tant fait rire, d’un rire plein d’intelligence qui se moquait des travers humains sans se placer au-dessus de la mêlée. Cela va de l’absurde, tel le dialogue avec le chimpanzé qui se conclut par « on ne devrait jamais parler aux chimpanzés le dimanche », à l’humour noir, tels le faire-part de Marie et Joseph qui annoncent « la mort de leur fils Jésus » suivis d’un second faire-part annonçant sa résurrection et invitant à ne pas tenir compte du premier !
Il y a des aphorismes du genre « Mourir n’est rien, c’est ne pas se lever le lendemain qui est le plus pénible », des petites annonces, « l’homme qui s’est trompé de femme en sortant du cinéma hier au soir est prié de me ramener Josette, c’est elle qui a les clefs », un texte sur « comment traquer les CRS dont les mœurs nous sont en grande partie inconnues, surtout leur mode de reproduction ».
Ensuite ce texte est servi par deux acteurs Catherine Artigala et Olivier Cordina. Il est mince et digne, elle est ronde et rousse et nous offre un sourire éblouissant. Elle nous dit son texte avec une gourmandise jubilatoire, tandis qu’il semble plongé dans la réflexion que lui inspire le sien et le tout s’enchaîne sur un rythme trépidant. Leurs mouvements sont réglés comme un ballet, ils s’envoient à la tête les sentences lapidaires, les dictons vengeurs, les saynètes lourdes de drames et nous renvoient le portrait d’une drôle d’humanité, où l’homme fait ce qu’il peut. Bien sûr c’est sur les épitaphes qu’ils terminent leurs échanges et « le dernier qui meurt éteint la lumière ».
Deux tabourets, un jeu délicat de lumière et quelques bribes de musique de Satie suffisent à nous faire entrer dans leur monde. En ces temps moroses, où trop d’humoristes confondent rire et vulgarité, c’est un spectacle original où l’on rit beaucoup en observant une humanité qui nous ressemble. Micheline Rousselet

Théâtre du Marais
37 rue Volta, 75 003 Paris
les jeudi, vendredi et samedi à 21h15, relâche les 25 décembre et 1er janvier
Réservations 01 46 36 98 60
(se recommander du Snes, car nous sollicitons ce Théâtre pour devenir "Partenaire réduc’snes)

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