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Un film de Tony Gatlif (France)

"Liberté" Sortie en salles le 24 février

Un groupe de Tsiganes s’est installé, le temps des vendanges, à l’orée d’un village situé en zone occupée pendant le seconde guerre mondiale. Le maire de la commune, Théodore, qui est aussi vétérinaire, a recueilli P’tit Claude, un gamin abandonné depuis la disparition de ses parents. Mademoiselle Lundi, l’institutrice, humaniste et républicaine, voudrait arriver, avec l’aide de Théodore, à ce que les enfants tsiganes soient scolarisés.
Des liens de sympathie rendent complices P’tit Claude et Taloche, grand gamin de trente ans, bohémien violoniste.

Mais le Régime de Vichy menace ces communautés. Il ne rend pas facile la vie des tsiganes, peuple nomade à qui il est dorénavant interdit de se déplacer librement.
Alors que les enfants bohémiens suivent les cours de Mademoiselle Lundi, P’tit Claude, lui, est de plus en plus fasciné par le mode de vie des gens de la route…
Tony Gatlif avait depuis longtemps le projet de faire un film sur l’holocauste des roms. Il lui paraissait nécessaire d’aborder un sujet totalement occulté, un pan de l’histoire souvent ignoré des tsiganes eux mêmes.
C’est à partir d’une anecdote de quelques lignes concernant un dénommé Taloche que le projet prit forme. Taloche était un tsigane qui avait voulu préserver tout au long de sa vie, sa liberté d’homme de la route. Interné à Montreuil-Bellay, il avait obtenu sa libération à la condition de se sédentariser. Il acheta, grâce à l’aide d’un notaire, une petite maison. Il ne supporta pas de vivre entre quatre murs et reprit la route. Il fut arrêté et on perdit toute trace de lui et de ses compagnons au moment de leur départ en Pologne…
Le projet de Gatlif était de faire un documentaire mais les éléments existants étaient insuffisants. Les témoins possibles étaient morts. On dispose de très peu d’archives sur le sujet et on ne connaît pas de Juste encore vivant ayant sauvé des roms. Pourtant il y en eut et c’est avec l’aide d’historiens spécialistes de l’histoire des tsiganes et d’une documentaliste qui eut accès à des éléments d’archives dans les communes des camps d’internement, que Tony Gatlif trouva la matière de son récit.
Cet holocauste qui a vu l’extermination d’entre 250 000 et 500 000 tsiganes dans une quarantaine de camps de concentration répartis sur tout le territoire français reste un trou noir dans l’histoire de la France. Pas une ligne dans les manuels scolaires sur ces dix millions de personnes en Europe qui ont été massacrés ou menacés avec l’accord de tous les pays à la seule exception de la Bulgarie qui refusa de livrer les roms aux nazis.
Le film de Tony Gatlif est irréprochable. Le dévouement et la générosité des bonnes personnes n’a pas de limite. Les tsiganes y font preuve d’une énergie et d’une détermination proches de l’innocence. La narration manquerait de relief, de rugosité s’il n’y avait le personnage de Taloche interprété par James Thiérrée chez qui pointe le poète équilibriste inspiré de ses spectacles sur scène.
Francis Dubois

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