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Un film de James Demonaco (France- Etats-Unis)

"Little New-York" Sortie en salles le 5 août

Sully est un simple vidangeur de fosses septiques. A l’approche de la naissance de son premier enfant, il est prêt à tout pour assurer une vie décente à sa famille.
Jasper est épicier mais il est aussi un habitué des hippodromes. Pour la mafia avec laquelle il collabore, contraint et forcé, il présente un avantage essentiel : celui d’être sourd-muet.
Parmie Tarzo, chef de la mafia locale voudrait bien se débarrasser de quelques rivaux encombrants…
SNES_LittleNewYork James Demonaco a grandi à Staten Island, un quartier de New-York laissé pour compte et dont les habitants souffrent d’un complexe d’infériorité par rapport aux "vrais" new-yorkais. Il a souffert enfant de la mauvaise réputation de sa ville et les complexes qui s’en sont suivis lui ont laissé un sentiment d’échec sur lequel il a voulu revenir en réalisant ce film.
Les trois personnages principaux de l’histoire sont inspirés d’individus qu’il a connus enfant. C’est le cas de Jasper, un vieil épicier qui l’a initié aux paris et à qui, en en faisant un sourd-muet, il a voulu ajouter un côté chaplinesque. Soit une émanation de personnages qu’il croisait dans les rues et qui ont donné le mafieux Parmie Tarzo. Quant à Sally, son emploi de vidangeur des fosses septiques est un classique dans l’Etat de New-York.
Les histoires des trois personnages avancent dans un premier temps indépendamment les unes des autres pour se rapprocher bientôt et se croiser finalement. Mais chacune a sa tonalité narrative propre et c’est cette disparité, et ces ruptures de ton, qui donnent au final sa singularité à l’ensemble.
Avec "Little New-York" nous sommes autant dans le film noir traditionnel, "efficace", avec ses passages obligés, dans l’engagement politique, dans le décalage que dans l’observation de détails infimes. Ici ils sont vestimentaires et insistants et apparaissent sous la forme de taches de couleurs vives, différentes pour chaque personnage : le jaune pour la cravate de Parmie ou le rouge pour les chaussettes de Jasper.
On pourrait dire que le film n’est jamais là où on l’attend. La carrure, le costume impeccable et les lunettes de verre fumé de Parmie Tarzo appartiennent à l’archétype du mafieux. Mais son image devient autre lorsqu’on le retrouve perché sur un arbre en militant qui s’oppose à la destruction des forêts. Tout comme, quand Parmie livre au boucher le cadavre dont il est l’assassin pour qu’il le découpe selon les règles de la boucherie… Il ne reste plus pour nous qu’à recoller les morceaux de l’histoire !
Une première œuvre singulière, personnelle et attachante avec des comédiens formidables. Mention spéciale à Seymour Cassel qui fut à huit reprises acteur chez Cassavetes et dont la présence d’homme vieillissant nous est d’entrée familière…
Francis Dubois

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