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Un film de Boudewijn Koole (Pays –Bas)

"Little bird" Sortie en salles le 21 novembre 2012

Jojo a dix ans, un caractère déjà bien trempé et les activités de son âge. Son père qui est gardien de nuit, dort tout le jour et sa mère, chanteuse de folk est perpétuellement en tournée.

Entre son père et Jojo existe une affection souterraine qui se manifeste par une complicité sporadique et un rituel comme cette course que Jojo effectue avec son père chaque jour, lui, coupant à travers champs et son père au volant de sa voiture.

Jojo aimerait bien que sa mère soit de retour pour son anniversaire mais il n’est pas certain que les entretiens qu’il a avec elle au téléphone soient de vrais coups de fil.

Un jour, Jojo trouve au pied d’un arbre, un bébé choucas tombé du nid. Il le ramène chez lui et le cache dans un carton sous son lit car son père n’aime pas les animaux dans la maison. Il parvient à lui trouver une alimentation appropriée et chaque jour, l’oisillon progresse et s’impose comme le compagnon de jeux de l’enfant.

Jojo apprend à l’oiseau les dangers de la vie, tentant de l’armer pour le jour où il prendra son envol.

Mais ce jour-là, s’il s’élève dans les airs, disparaît un moment et revient vers son ami, lui dispensant des coups de bec affectueux.

Jojo pratique avec beaucoup de talent le water-polo et se lie d’amitié avec une co-équipière qui se prend également d’amitié pour l’oiseau.

Un jour, l’adolescente apprendra à Jojo la vraie raison de l’absence de sa mère.

C’est sans doute parce qu’il s’est inspiré d’un souvenir personnel remontant à son enfance, que Boudewijn Koole réussit là où il aurait pu faire fausse route et sombrer dans la mièvrerie à laquelle le sujet de son film se prêtait : la relation très particulière entre un garçon de dix ans et un oiseau.

A cela il a ajouté le décor et l’environnement qu’il a connus à cette période de sa vie. En dehors de l’oiseau qui a réellement existé, il a reconstitué l’attente du retour du père, retrouvé les paysages, l’architecture, l’arbre du récit, l’autoroute, les sons, les couleurs.

Et il a construit une histoire à fleur de peau, sans la moindre trace de sensiblerie, n’épargnant au récit ni la cruauté de l’absence, ni celle des souvenirs des temps heureux, ni les griffures de la solitude, ni la rudesse de la souffrance silencieuse.

La réussite de son film, le cinéaste la doit, en grande partie à son jeune interprète époustouflant de justesse et qui se joue remarquablement de la difficulté à dire un dialogue qui revient souvent à penser à haute voix.

Son énergie est magnifique et tant les explosions de colère que celles de joie ont cette spontanéité propre à l’enfance.

Les films du Préau spécialisés dans la diffusion de films pour enfants et adolescents venus des quatre coins du monde et accompagnés de dossiers pédagogiques à destination des enseignants, propose là un film beau à tous points de vue, jusque dans la cruauté quand il aborde la souffrance du deuil.

Francis Dubois

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