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Un film de David Oelhoffen (France)

"Loin des hommes" Sortie en salles le 14 janvier 2015.

Début novembre 1954, une série d’attentats ouvrent sur ce qui deviendra aussitôt après, la guerre d’Algérie.

Daru, un ancien officier reconverti, enseigne dans une école perdue au fin fond de l’Atlas à des enfants qui viennent des mechtas environnantes.

Alors qu’ignorant tout de la révolte qui couve, il coule des jours heureux en solitaire, un gendarme vient lui demander d’escorter jusqu’à la ville Mohamed, un jeune paysan accusé du meurtre de son cousin, pour le livrer aux autorités.

Si, après un temps d’hésitation, Daru finit par accepter la curieuse mission, les différents obstacles que vont rencontrer l’instituteur et le prisonnier tout au long de leur périple à travers les montagnes, vont finir par rapprocher les deux hommes.

L’épreuve leur permettra de trouver, chacun, le chemin de sa liberté.

Cinéma : Loin des hommes

" Loin des hommes" est l’adaptation de " L’hôte" une des nouvelles qui composent " L’exil et le royaume" d’Albert Camus.

Il existait bien en Algérie, à cette époque, des écoles isolées où étaient solarisés les enfants de paysans qui avaient foi dans l’apprentissage de la langue française et dans l’acquisition de connaissances.

Le personnage de l’instituteur passionné par son métier et trouvant la sérénité dans une vie de solitaire est tout à fait crédible, de la même façon qu’était concevable, à l’époque, qu’on puisse demander à un fonctionnaire de l’éducation nationale une mission qui n’ait rien à voir avec son postulat.

Si les épisodes qui suivent sont crédibles et efficaces, chacun pris individuellement, la mise bout à bout des différents obstacles que rencontrent les deux personnages sur leur route, fait parfois un peu "catalogue". D’autant qu’aux confrontations avec les proches du cousin assassiné, un groupe de rebelles du maquis, une section de l’armée française, s’ajoutent les difficultés climatiques "d’usage", le vent de sable ou l’orage torrentiel.

Solidement réalisé dans des décors naturels qui renvoient au western, avec des personnages qui y font également référence (le shérif et son prisonnier), " Loin des hommes " aurait gagné pour accéder au niveau des grands films américains pro-indiens auquel il se mesure (" La flèche brisée ", " Little big man" ou les westerns crépusculaires d’Eastwood et de Pollak) à ne pas trop multiplier les affrontements quand on devine très vite que le destin épargnera les deux protagonistes.

La rencontre des deux hommes, leur lente approche l’un de l’autre et bientôt l’amitié qui les saisit en dépit de leur appartenance à deux cultures différentes auraient sans doute suffi à habiter le film, d’autant plus que Reda Kateb et Viggo Mortensen donnent de bout en bout à leurs personnages une épaisseur, une densité, une humanité telles que les moments de bravoure qui s’ajoutent ne se justifient plus totalement.

Mais pour respecter le contexte du début du conflit algérien, il était sans doute utile de passer par les mécanismes de la vengeance en milieu tribal comme il n’était sans doute pas inutile de montrer les soldats du FLN en action ou les méthodes guerrières d’une armée française dont on sait qu’elle ne se montra pas toujours exemplaire pendant cette guerre qui refusa de dire son nom pendant si longtemps.

Mais pour être tout à fait efficace un récit doit-il savoir trancher dans le vif, faire des choix et au besoin, sacrifier les effets démonstratifs qui, en surlignant le propos, prend toujours le risque de l’affaiblir.

Mais ces quelques réserves sur le film ne gâtent pas le plaisir d’assister à une œuvre ample et forte.

Francis Dubois

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