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Un film de Jacques Demy (France )

" Lola" Sortie en salles le 18 juillet 2012

Lola, danseuse dans un cabaret de Nantes, élève seule l’enfant qu’elle a eu avec Michel parti faire fortune, jamais revenu depuis sept ans.

Lola rencontre par hasard un ami d’enfance, Roland Cassard, un garçon oisif, élégant et cultivé, qui a toujours été amoureux d’elle.

Dans une librairie de la ville, Roland Cassard rencontre madame Desnoyer et sa fille Cécile, une adolescente de quatorze ans.

En retour d’un service qu’il rend aux deux femmes, il est invité à dîner chez elles.

Mais Cécile rencontre Franckie à la fête foraine, un marin en escale qui fut l’amant occasionnel de Lola et tombe amoureuse de lui.

Mais comme Michel a quitté Lola, Franckie doit repartir pour Le Havre.

En 1961, alors que Claude Chabrol a réalisé "Le beau Serge" et "Les cousins", Godard, "A bout de souffle", que Rohmer et Rivette s’imposent, Jacques Demy tourne avec Anouk Aimée et Marc Michel, "Lola" avec lequel il invente un cinéma nouveau qui ne ressemble à rien de ce qu’on a pu voir jusque-là.

"Lola" qui est le premier film d’une trilogie dont le deuxième volet sera "Les parapluies de Cherbourg" où Roland Cassard qui a fait fortune dans le diamant à Amsterdam à épousé Geneviève, la fille de madame Emery.

Le troisième volet, Demy le tournera à Los-Angeles. Pour l’occasion, il retrouve Anouk Aimée, une française égarée aux États-Unis.

"Lola" est le récit de destins croisés, de frôlements, de rencontres au bord du possible. On est dans une sorte de conte de fée qui n’est jamais à l’abri d’un basculement dans le drame.

Le film baigne à la fois dans la bonne humeur et dans la mélancolie. Il est à l’image du personnage de Lola, bavarde, expressive, toujours gaie mais chez qui on décèle à la fois la cicatrice mal refermée d’un amour déçu et la force de l’espoir.

Déçue par la vie, madame Desnoyers l’est aussi, comme l’est déjà Cécile, du haut de ses quatorze ans, comme l’est Roland Cassard qui n’a jamais rien réussi et qui va tenter sa chance à Amsterdam.

Le récit est vif, complètement insouciant des invraisemblances d’un scénario que rien n’arrête et qui dégage une vraie poésie du quotidien provincial.

Le phrasé d’Anouk Aimée est étonnant, saccadé, presque irritant, et donne au personnage à la fois toute sa vraisemblance et sa coloration artificielle.

Michel revient, comme il l’avait promis un jour, au moment où Roland Cassard quitte Nantes.

C’est simple comme bonjour, ça tire les larmes et c’est réjouissant.

Une réussite. Un film qui a résisté à l’épreuve du temps, comme tous les chefs d’œuvre.

A voir en copie restaurée.

Francis Dubois

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