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"Lola Montès" de Max Ophuls 1955- Reprise France- Sortie en salles le 3 décembre

Au terme d’une existence mouvementée, après avoir côtoyé le monde du pouvoir et de l’argent, Lola Montès en est réduite à donner, sous le chapiteau d’un cirque, flanquée d’un Monsieur Loyal dérisoire, sa destinée en représentation.
A la fois animal de scène soumise au commandement d’un dresseur et femme fatale pathétique, Lola Montès renvoie sa propre image et promène à travers le monde l’histoire de sa déchéance et de ses scandales.
" Lola Montès" sortit sur les écrans en décembre 1955 dans une version non conforme aux vœux de Max Ophuls. La firme Gamma film opéra dans le dos du réalisateur des coupures qui aboutirent à une œuvre dénaturée et plus jamais, au cours de sa carrière"Lola Montès" ne fut montré tel qu’Ophuls l’avait réalisé. Cependant, à sa sortie, le film fit scandale. Il fut défendu par un jeune critique dans la revue "Arts" du nom de François Truffaut bientôt rejoint par de nombreuses personnalités du cinéma et des Lettres telles que Rossellini, Cocteau, Becker ou Tati.
"Lola Montès", face à l’échec commercial, connut une série de modifications qui donnèrent successivement trois versions du film : tel qu’il fut présenté en décembre 1955 à sa sortie, puis dans sa version de 1956 ou les dialogues allemands furent remplacés par des voix off françaises, et enfin celle de 1957 qui racontait l’histoire de Lola de façon chronologique.
Le premier malentendu provient du fait que "Lola Montès" fut annoncé et attendu par le public comme une super superproduction forte d’un budget de 670 millions de francs, de douze mille figurants, de versions française, allemande et anglaise. Mais également comme un film frivole. Le public n’en fut que plus déconcerté. Comme il le fut également par la prestation inhabituelle de Martine Carol alors à son apogée mais abonnée à des personnages plus légers.
Laurence Braunberger, fille de Pierre Braunberger, ayant droit du film, aidée par la Fondation Thomson, le Fonds culturel Franco-américain et la cinémathèque française s’est battue pour la réhabilitation de l’œuvre. La restauration numérique du film fut entreprise afin de lui restituer les couleurs et le son d’origine et de le rendre conforme à la version voulue par Ophuls.
C’est ainsi que quarante trois ans plus tard, le film dans sa version intégrale fut projeté au cours du dernier Festival de Cannes 2008.
Le public découvrira dans les salles, une véritable résurrection technique et, dans son intégralité, un incontestable chef d’œuvre du cinéma.
Francis Dubois

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