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Un film de Alexis Dos Santos (Royaume Uni)

"London nights" Sortie en salles le 28 avril 2010

Axl et Vera ont une vingtaine d’années. Ils ont choisi Londres, capitale branchée et cosmopolite, place forte de la musique underground, pour promener leur spleen et approcher leurs idéaux provisoires… Ils vivent dans le même squat mais ne se sont jamais croisés. Véra qui travaille nonchalamment dans une bibliothèque croit avoir rencontré le grand amour et Axl voudrait, lui, trouver le moyen de renouer avec son père, agent immobilier dans la capitale anglaise, qu’il charge, sans décliner son identité, de lui trouver un appartement à louer.
"London Nights" n’évite aucun cliché. De la jeune fille livrée à elle-même dans une ville étrangère, peu encline à se fixer et qui cherche à maintenir le plus longtemps possible le flou sur un avenir qui l’effraie ou qu’elle préfère livrer au hasard, au jeune homme parti sur les traces d’un père qui l’a abandonné quand il était gamin, le scénario ne brille pas par son originalité. Cependant, pour contrebalancer un récit banal, Alexis Dos Santos a eu la bonne idée de le situer à Londres, capitale ou chaque arrivant de l’étranger vient grossir une communauté bariolée constituée de dilettantes en attente d’un opportunité ou d’un déclic, qui vivotent dans un provisoire dont ils prétendent avoir fait le choix. Et qui finissent pas créer autour d’eux une famille de substitution, artificielle sans doute, mais non dépourvue de chaleur et de générosité…

LondonNights -photo D.R.

Londres est-elle unique de ce point de vue ? En tous cas, Alexis Dos Santos, ressortissant argentin qui y séjourne depuis plusieurs années, la décrit comme étant le point de chute idéal pour ces parenthèses d’existence, le lieu de transit où subsistent encore des valeurs obsolètes telle que la solidarité. Et si l’éphémère est de rigueur, si l’on s’y croise plus qu’on ne s’y rencontre, on peut se dire que dans sa précarité ou dans la brièveté, le bonheur peut être intense et se mesurer à tout autre…
Si les situations et les personnages n’échappent pas à un certain angélisme, le film de Dos Santos révèle, de déambulations vaines en recherches vouées à l’échec, l’intimité d’une ville qui répond bien aux exigences particulière d’une jeunesse en quête de ce qui pourrait le mieux convenir à ses besoins immédiats en attendant que la suite de leur existence les engloutisse dans les rangs serrés d’une société que pour l’instant, ils tiennent à distance.
Deborah François que les frères Dardenne avaient révélée dans "L’enfant" est une Véra merveilleuse de grâce et de rugosité.
Francis Dubois

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