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Un film d’Eugénio Polgovsky (Mexique)

« Los Herederos, Les enfants héritiers » Sortie en salles le 21 septembre 2011

Au Mexique, en milieu rural, on commence à travailler dès l’enfance. Les enfants, dès leur plus jeune âge, engagent un combat quotidien pour survivre comme l’ont fait leurs parents, leurs grands-parents, à l’identique. La pauvreté est leur héritage.
Une pauvreté qui résume le mieux la vie dans les campagnes mexicaines. Et plus la famille est pauvre, plus les enfants sont mis à contribution pour participer à l’économie et à la survie de la famille.
Ils participent aux travaux des champs, à l’artisanat, à la surveillance des animaux.

Si, dans son film, Eugenio Polgovsky montre essentiellement des enfants, c’est que c’est son sujet mais c’est aussi que dans les régions rurales du Mexique, le taux d’immigration des adultes est important. Les hommes partent travailler dans les villes ou aux Etats-Unis et il ne reste souvent pour faire fonctionner les minuscules exploitations, que les femmes, les vieillards et les enfants.
Si le réalisateur montre parfois les enfants joueurs, rieurs, insouciants, on les voit le plus souvent silencieux, concentrés sur leur travail, soucieux de mener à bien les missions qui leur incombent.
Les enfants que l’on voit dans le film ne sont pas scolarisés et l’école est complètement absente du décor et des activités quotidiennes. L’école existe pourtant au Mexique, y compris en milieu rural mais les enfants ne s’y rendent pas de façon régulière du fait de leur participation aux travaux des champs.
A ces enfants pour qui le travail est une nécessité, l’école apparaît comme un luxe.

« Les enfants héritiers »
a été tourné dans six régions du Mexique. Au Sud, dans le Guerrero et l’Oaxaca. Au centre, au Puebla et au Véracruz et au nord dans le Nayarit et le Sinaloa.
Ce sont des régions essentiellement rurales ou l’agriculture et l’artisanat sont les principales activités économiques.
Les enfants des campagnes mexicaines sont héritiers d’une pauvreté mais aussi d’une culture complètement sous-estimée ou ignorée dans les grandes villes. Ils sont les survivants, les héritiers de la colonisation et d’une exploitation reconduite, de leur capacité de travail, partie prenante du néolibéralisme.

Eugénio Polgovsky a filmé avec une fougue, une énergie qui n’ont d’égal que celles des enfants. Il a filmé les visages, les gestes, le rituel, sans jamais abonder dans un quelconque misérabilisme. Il montre l’emploi du temps serré d’une journée de travail à un rythme effréné, laissant peu de temps à l’insouciance propre à l’enfance, où les moments de jeux sont rares.

Un film poignant qui a multiplié les récompenses et qui devrait donner lieu à de nombreux débats.
Francis Dubois

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