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Un film de Marion Cajori et Amei Wallach (Etats-Unis)

"Louise Bourgeois… L’araignée, la maîtresse et la mandatine" Sortie le 9 décembre

Louise Bourgeois commence à étudier les arts à 22 ans. En 1937, elle se marie avec l’historien d’art américain Robert Goldwater et s’installe avec lui à New-York. Ses premières incursions dans la sculpture naissent de l’ennui, des longues journées à meubler, alors que son mari et ses fils ont quitté la maison et qu’elle souffre du mal du pays, la France.
Dans les années cinquante, grâce aux fonctions de Robert Goldwater, elle croise tous ceux qui comptent dans le monde des arts et de la culture de l’époque.
Il faut attendre les années 70 pour que son travail soit reconnu. Les thèmes de son œuvre jusque là latents se précisent. Ce sont la féminité, la sexualité, la famille, la solitude, mais la manière dont elle traite ses sujets de prédilection est totalement renouvelée. Elle y manifeste ses souffrances anciennes, ses traumatismes, ses difficultés relationnelles avec son père et l’admiration qu’elle voua à sa mère. Les matériaux qu’elle utilise sont variés et personnels. Le corps est mêlé à l’architecture, l’organique au géométrique, buste en briques, maison à colonnes sur les épaules, cages thoraciques en forme d’escaliers et de portes…
Le film que lui consacrent Marion Cajori et Amei Wallach suit cette femme à la forte personnalité apparente mais dont la fragilité se dévoile parfois à la fois dans son travail de sculpteur, dans ses travaux de recherches, dans ses tâtonnements artistiques… Louise Bourgeois fait art de tout, des traumatismes, des peurs, des fantaisies, des désirs et de tous les conflits, biologiques, historiques et familiaux. Elle transforme ses angoisses anciennes en présent plaisir esthétique.
Cette immense artiste dont certains disent que son œuvre est la plus marquante du vingtième siècle, garde malgré un propos ferme, une sorte de modestie. C’est un peu comme si elle considérait son talent et sa notoriété comme le fruit du hasard, comme un accident de parcours.
Aujourd’hui de nombreux musées lui rendent hommage à travers le monde. En 1993, elle représenta les Etats-Unis à la Biennale de Venise ; la Tate Modern de Londres lui confia l’aménagement de l’espace lors de son ouverture en 1999 et le Centre Pompidou lui consacra une rétrospective en 2008.
Ses araignées géantes, des sculptures qui ont contribué à sa notoriété, ont été exposées partout dans le monde. Le film est un vibrant hommage à cette femme à la carrière et à la personnalité atypiques, à celle qui disait :"Mes émotions sont trop grandes pour moi, alors elles m’embêtent et je dois m’en débarrasser. Mes émotions sont mes démons."
Francis Dubois

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