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Un film de Cyril Mennegun (France)

"Louise Wimmer" Sortie en salles le 4 janvier 2012

On ne nous dit rien sur les circonstances qui ont amené Louise Wimmer à se voir obligée de dormir dans sa voiture, d’entasser ce qu’il lui reste d’effets personnels dans un garage et de faire sa toilette dans les lavabos de gare.

On sait qu’elle est femme de ménage dans un hôtel, mais que le nombre d’heures de travail qu’on lui attribue ne lui permet pas financièrement de prétendre à un deux pièces en HLM.

Elle roule en voiture et porte des vêtements qui laissent supposer qu’elle menait encore récemment une existence confortable, mais on apprend aussi que c’est elle qui a décidé de rompre avec son mari au risque de se voir, comme c’est le cas, obligée de se démener pour garder malgré tout la tête hors de l’eau.

Car, à l’approche de la cinquantaine, Louise se retrouve sans statut, sans argent et sans moyen de rebondir.

Avec la complicité d’une comédienne inconnue à ce jour, mais avec laquelle il faudra compter dorénavant, Cyril Mennegun a dressé un superbe portrait de femme à travers un récit très maîtrisé d’où sont exclus tout épanchement et toute trace de misérabilisme.

Son film est travaillé au scalpel selon un enchaînement de séquences, le plus souvent courtes pour ne pas dire tronquées, interrompues au bon moment, celui à partir duquel on pourrait s’apitoyer sur le sort peu enviable d’une femme sabrée par l’existence, à un âge critique, face à un avenir obstrué.

La silhouette racée de Corinne Masiero, son élégance, les défis qu’elle lance aux signes de l’âge, sont les atouts premiers du personnage. S’y ajoutent la rigueur du récit, la précision de la mise en scène et l’observation délicate des situations.

Louise Wimmer ne perd rien de sa fierté même quand elle se trouve obligée d’aller la nuit, sur les parkings, pomper de l’essence dans les réservoirs des voitures en stationnement, quand elle resquille une douche dans un hôtel ou quand elle se réveille le matin, allongée sur la banquette arrière de sa voiture.

Louise Wimmer est déterminée. Elle sait parfaitement que pour le moment, la solution n’est ni dans les mains qu’on lui tend généreusement, ni dans l’apitoiement sur elle-même.

Elle sait que pour recommencer sa vie, il faudra trouver un commencement et ce commencement finira par arriver. Ce sera, au dix-septième étage d’une tour, un deux pièces où elle pourra trouver le second souffle pour continuer à lutter.

"Louise Wimmer" a créé la surprise au dernier festival de Venise. On a même dit de ce film, comme un compliment suprême, qu’il ne ressemblait pas à un film français mais à du cinéma américain indépendant !

Faisons-nous notre propre opinion et courons voir "Louise Wimmer" , sans attendre, dès sa sortie sur les écrans.

Francis Dubois

 

 

 

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