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Un film de Stéphane Levy (France)

"Loup Garou" Sortie en salles le 23 juillet 2014.

Un homme vit seul dans sa vaste bastide provençale. A la jeune fille qui se présente un jour à la grille, il annonce qu’elle sera la baby-sitter de son enfant quand celui-ci le rejoindra.
Mais l’enfant tarde à se présenter et la jeune fille finit par comprendre qu’il n’a jamais existé et qu’elle va devoir faire face à cet homme menteur, charmeur, ogre prédateur qui, peu à peu l’obsède.
Il lui parle, l’apprivoise, la rejette, se joue d’elle, la ridiculise pour mieux la fasciner encore, comme un serpent fait avec sa proie.

Stéphane Lévy dont "Loup Garou" est le premier film a su renouveler, en multipliant les approches, un sujet souvent traité au cinéma, celui de l’ambigüité que peut engendrer la rencontre entre la proie et son prédateur.

L’objet-film est beau sans jamais tomber dans l’esthétisme et le choix de mêler le noir et blanc et la couleur, la qualité d’une image très travaillée ne donnent jamais l’impression d’un exercice appliqué.
Ce qui aurait pu n’être qu’un exercice de style est un vrai moment de cinéma original et abouti. Stéphane Levy sait créer une vraie atmosphère et utiliser pour cela, plus que le charme de la bastide, tout ce qui, à la lumière du parti pris scénaristique, charme tout en restant insaisissable, presque du domaine de l’illusion.

Anna Sigalevitch, jeune "artiste-orchestre" (Elle est musicienne, critique sur France Culture, comédienne de cinéma et de théâtre, on l’a vue chez Haneke, chez Hou Hsiao Hsien…) interprète la jeune fille avec candeur et étrangeté et ici et là, des élans de tragédienne.

Le seul reproche que l’on pourrait faire, c’est à Régis Jauffret qu’il s’adresse.
Non pas au comédien novice mais convaincant, mais à l’écrivain, auteur des dialogues et du texte.
Le film aurait sans doute eu tout à gagner à rester dans une plus grande sobriété à ce niveau-là.
Or, s’évadant vers un lyrisme (de pacotille ?), il gâte un peu le plaisir et entame ici et là, les qualités indéniables de cet OVNI qu’il faudrait ne pas laisser passer même si une sortie en plein été, dans un réseau certainement réduit de salles, ne lui laisse pas grandes chances de rencontrer un public.

Francis Dubois

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