Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Susanne Bier (Danemark)

"Love is all you need" Sortie en salles le 19 décembre 2012

Philip, la cinquantaine fringante, a quitté l’Angleterre depuis le décès de sa femme. Il vit dorénavant au Danemark où il dirige un gros marché de légumes frais.

Ida, coiffeuse danoise, finissait un long traitement de chimiothérapie, quand elle a surpris son mari au lit avec une de ses collaboratrices.

Ces deux éclopés de la vie vont voir leurs destins se croiser en Italie où ils se rendent à l’occasion du mariage de Patrick, le fils de Philip avec Astrid, la fille d’Ida.

"Love is all you need" s’annonce comme une comédie romantique (sentimentale). Et si c’est comme tel que Susanne Bier a conçu son film, pourquoi avoir chargé son récit de supports aussi dramatiques ? La maladie grave dont est atteinte Ida, personnage principal du récit, la découverte de son homosexualité par Patrick, le jour même de son mariage, le drame d’une jeune femme qui voit tout son projet de vie s’effondrer au moment où elle a déjà endossé sa robe de mariée ne prêtent pas au rire.

Cette contradiction entre la tonalité légère du film et les éléments dramatiques qui constituent l’essentiel du scénario débouche sur un récit bancal, une comédie sapée à la base et un drame qui ne se nomme pas.

Les invraisemblances comme la maison de famille longtemps inhabitée et totalement vide qui se transforme comme par un coup de baguette magique en une demeure tout à coup cossue, confortablement voire luxueusement meublée, l’arrivée de l’époux adultère au bras de sa maîtresse, le baiser passionné que le fiancé donne à son ami d’enfance le jour de son mariage, ne se justifieraient que si le genre du film appartenait franchement à la comédie.

Il en est de même pour les personnages caricaturaux du mari d’Ida, goujat et idiot, de sa compagne spécialisée dans les questions stupides ou maladroites ou de la belle-sœur de Philip, femme extravertie tapageuse et gaffeuse, flanquée de sa fille, une adolescente ingrate et ronchonne.

La comédie annoncée tient sans doute au fait qu’au moment du dénouement, se confirme l’idylle heureuse entre les deux quinquagénaires et que pour Ida, la crainte d’une récidive de sa maladie est écartée.

Les deux vieux tourtereaux vivront un bonheur bien mérité au milieu des artichauts et des radis qui ont fait la fortune de Philip.

L’histoire aura laissé sur le flanc tous les personnages secondaires de l’histoire.

On peut éviter ce film qui trahit un à un, les sujets qu’il aborde.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)