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Un film de Bill Pohlad (USA)

"Love & mercy" Sortie en salles le 1er Juillet 2015..

Derrière les mélodies des Beach Boys, il y a l’incroyable personnalité de Brian Wilson reconnu comme un musicien de génie.

Brian Wilson, qu’une enfance compliquée aura rendu schizophrène.

Dans le but de rompre avec le biopic traditionnel et pour mieux aborder l’aspect du personnage en lutte avec ses conflits intérieurs, Bill Pohlad a traité " Love & Mercy " en deux parties hors chronologie.

Une première partie qui explore de l’intérieur les problèmes de Brian Wilson quand il était jeune (le personnage est pour cette période, interprété par Paul Dano) et une deuxième partie du point de vue de Melinda, cette femme qui a croisé le chemin du musicien et contribué à sa guérison en le délivrant de l’emprise d’un médecin diabolique (Brian Wilson est pour cette autre période interprété par John Cusack).

Le parti pris de confier l’interprétation d’un même personnage à deux comédiens sans se soucier d’une quelconque ressemblance ou de la moindre harmonie de jeu déroute dans un premier temps.

Mais très vite, ce choix trouve sa justification et devient un atout pour retracer de façon originale la vie, l’amour et le génie d’un homme hors du commun.

Cinéma : Love & mercy

Le film de Bill Pohlad se compose ainsi de deux histoires qui reviennent aux deux moments majeurs de la vie de Brian Wilson.

L’album " Pet Sounds " est en soi un monument mais c’est le moment où Brian Wilson veut rompre avec la "surf music" au succès assuré et tenter autre chose.

Ce choix de prendre de nouveaux risques musicaux va le confronter au reste du groupe. Cette opposition représentera un moment déterminant de sa vie.

Sa rencontre avec Melinda l’est encore plus.

Comment cette femme, superbe ex-mannequin, tombant par hasard sur un individu qui a l’air bizarre d’un déséquilibré, peut-elle se retrouver vis-à-vis de lui, nantie d’une mission charitable qui, petit à petit, se transformera en amour.

Ces deux éléments ont été les fils conducteurs naturels du film. Ils auront été renforcés, pour donner tout son corps au récit, par le fait que les scénaristes ont eu la possibilité de recueillir directement les souvenirs de Brian et de Melinda.

" Love & Mercy " est selon les propres paroles du réalisateur le "déploiement progressif" de la vie de Brian Wilson.

Le film, plutôt que de respecter l’ordre chronologique des événements, égrène, dans un désordre narratif maîtrisé, les chapitres d’une vie.

Bill Pohlad a laissé se dérouler chronologiquement, la période de "Pet Sounds". Avec l’arrivée de

Mélinda et sa vision du personnage de Brian, on perçoit comment un homme jeune, plein de vitalité, peut devenir une toute autre personne et sombrer dans une déchéance mentale.

A travers le regard de la jeune femme, on comprend progressivement par où il est passé et comment il en est arrivé là.

On peut se poser la question de savoir comment les choix de Paul Dano et de John Cucack pour jouer le même personnage à vingt ans d’intervalle a pu fonctionner de façon aussi efficace.

La construction du film est déterminante pour créer artificiellement une ressemblance. Il y a, au final, quelque chose de fascinant de voir évoluer ces deux acteurs et de constater comment, par une sorte d’alchimie souterraine, ils sont amenés à se rejoindre.

La musique a bien sûr une part importante dans le film. Mais elle a été suffisamment bien dosée pour l’empêcher de submerger l’histoire.

La musique des "Beach Boys" n’était pas la priorité. C’était le personnage, et la musique est là pour le mettre en valeur.

Francis Dubois

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