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Un film de Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval (France)

" Low life" Sortie en salles le 4 avril 2012

Une communauté de jeunes gens s’oppose à l’évacuation d’un squat d’africains par la police. C’est à l’occasion de cet acte de résistance que Carmen fait la connaissance de Hussain, un étudiant afghan passionné de poésie.

Les deux amoureux ne se quittent plus, mais Hussain risque le retour dans son pays, faute de titre de séjour. L’étau se resserre et menace leur amour.

Paniquée à l’idée d’être séparée du jeune homme, Carmen lui interdit de sortir et s’enferme avec lui. Hussain a du mal à supporter la situation.

"La question humaine", en 2007 était le dernier épisode d’une trilogie commencée avec "Paria" et "La blessure". Simon, dans "La question humaine" héritait d’une des pages les plus dures du 20ème siècle, la seconde guerre mondiale.

Avec " Low life", Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval ont voulu se rapprocher d’un contemporain plus immédiat avec un sujet dont les protagonistes appartiennent à la génération des petits enfants, les fils et les filles de Simon.

En choisissant le problème du logement et celui de la situation des sans-papiers, ils ont opté pour un rapport direct à l’actualité.

La génération des parents avait, dans ses réactions d’opposition, le sentiment de viser l’objectif d’une société plus juste, plus heureuse. Ils agissaient dans le cadre d’un parti ou d’un mouvement collectif. Aujourd’hui les structures politiques ont changé et l’engagement est plus fragmenté, plus éclaté, même si l’esprit de solidarité existe et si la contestation est sincère, elle se retrouve éparpillée sous la forme de micro-contestations.

Aujourd’hui il n’est plus question d’un monde meilleur mais de la conservation des acquis, de la sauvegarde de l’essentiel. Aujourd’hui, si rien n’est garanti, tout est-il pour autant perdu d’avance ?

La première partie de "Low life" raconte, parallèlement à une lutte engagée, l’histoire d’une sorte de communauté de sentiments. Elle mêle plusieurs histoires d’amour et se présente sous la forme de fragments qui, mis bout à bout, deviennent réalité collective..

Avec la phrase qui suit et que prononce Carmen " J’ai l’impression de voir des images d’une guerre, une guerre qu’on ne verrait pas mais qui est là, cachée" on accède à la seconde partie du film, celle du huis clos.

Cette guerre que Carmen pressent puise sa force dans le fait qu’on ne la voit pas.. Mais est-il possible de combattre dans une guerre invisible et cependant destructrice.

Si les protagonistes du film n’ont peur ni d’aimer, ni d’exister, est-ce parce qu’ils sont lucides ou au contraire, naïfs et crédules ?

On peut reprocher à "Low life" son propos imprécis, de se vouloir être un film d’espoir alors qu’il n’annonce aucune avancée, alors qu’il se fait le témoin d’une incapacité à lutter efficacement. Les élans de solidarité qui entourent Hussain et Carmen cloîtrés dans l’appartement semblent généreux mais vains. Djamel est dans l’illusion d’un faux espoir et les plus lucides le sont à la façon des utopistes.

"Low life" prend véritablement forme et nous livre son vrai propos dans les dix dernières minutes, lorsque Carmen est confrontée à l’officier de police. Il ne reste plus au spectateur, à la lumière de ces séquences, de remonter le temps et de reconstruire le récit.

Francis Dubois

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