Actualité théâtrale

au Théâtre des Louvrais à Pontoise

"Lucia di Lammermoor" Jusqu’au 30 mars

C’est en 1835 que Gaetano Donizzetti compose Lucia di Lammermoor, sur un livret de Salvatore Cammarano, d’après un roman de Walter Scott. Représenté au Théâtre San Carlo de Naples, puis au Théâtre de la Renaissance à Paris quatre ans après, ce fut tout de suite un immense succès, qui ne s’est jamais démenti depuis.

Nous sommes en Ecosse à la fin du seizième siècle. Les guerres de religion font rage et la famille Ashton s’est emparée du château des Ravenswood, leurs ennemis héréditaires. Pour échapper à la ruine, Enrico Ashton a décidé de marier sa sœur Lucia à Lord Arturo. Mais Lucia refuse car elle aime en secret Edgardo de Ravenswood, l’ennemi juré d’Enrico. Edgardo doit partir en France et veut demander la main de Lucia à son frère. Celle-ci, craignant que ce dernier ne tue Edgardo, refuse, mais promet à son amoureux de l’attendre et échange avec lui un anneau en gage de fidélité. Lucia restée sans nouvelles d’Edgardo, dont son frère intercepte toutes les lettres, finit par désespoir à la lecture d’une fausse lettre censée prouver l’infidélité de son amant et sous la pression du chapelain du château, par signer un contrat de mariage avec Lord Arturo. C’est alors qu’apparaît Edgardo réclamant sa fiancée. Face au contrat de mariage, désespéré et furieux, il arrache son anneau à Lucia et part en la maudissant. Au cours de sa nuit de noce, Lucia tue son mari et sombre dans la folie, rêvant qu’elle est unie à Edgardo. On l’emporte mourante. En entendant sonner le glas, Edgardo comprend que sa bien-aimée est morte et se suicide.

C’est sur l’idée d’une traque de Lucia par les hommes, son frère qui a besoin de ce mariage pour échapper à la ruine, son amant qui se croit bafoué, le chapelain enfin, persuadé qu’une femme doit se sacrifier pour sauver l’honneur de la famille, que le metteur en scène, Antoine Caubet a souhaité mettre l’accent. La tension dramatique est forte dès le début de l’œuvre avec les visions de mort tragique dont Lucia fait part à sa suivante. On est dans une tonalité sombre où déjà règne la mort. Dans un décor dépouillé gris foncé, où les costumes du chœur revêtent toutes les nuances de gris, du gris-bleu au gris-vert, seule Lucia est vêtue de rouge sombre. Traquée, elle se bat mais n’a aucune chance de s’échapper, victime des passions des hommes et des obligations sociales.

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Andrée-Claude Brayer assure avec énergie et dynamisme la direction du chœur et de l’orchestre des élèves du Conservatoire de Cergy-Pontoise. Isabelle Philippe est une très belle Lucia. Son jeu emporte l’émotion et sa voix de soprano fait merveille dans l’air de la folie. Le ténor Juan Carlos Echeverry, qui incarne Edgardo, donne à l’air du final une tonalité dramatique poignante. Tous les chanteurs font aussi preuve d’un grand talent, comme en témoigne le sextuor de l’acte II, qui préfigure les grands ensembles de Verdi, où les voix se répondent et se mêlent sans que jamais ne se perde la clarté du morceau.

Ce Lucia de Lammermoor est à saluer dans la programmation du Théâtre des Louvrais.

Micheline Rousselet

Les mardis 19 et 26 mars à 20h30, les jeudis 21 et 28 mars à 19h30,
les samedis 23 et 30 mars à 20h30
Théâtre des Louvrais, Place de la Paix, 95000 Pontoise
Réservations : 01 34 20 14 25
Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours.

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