Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de John Carroll Lynch

« Lucky » Sortie en salles le 13 décembre 2017

Lucky est un vieux cow-boy solitaire. Il passe ses journées à méditer, à fumer, à faire des mots croisés dans des lieux de la ville où il a ses habitudes. Il lui arrive de se montrer sociable, de s’attabler et de refaire le monde avec d’autres habitants du coin. Autrement, on le voit déambuler, de sa belle démarche souple et volontaire à travers l’agglomération où il vit, perdue au milieu du désert.

C’est un rebelle qui s’élève contre tout et surtout contre le temps qui passe et qui est en train de le rattraper. A quatre-vingt dix ans passés, il entre dans une période de quête spirituelle et poétique.

L’histoire de Lucky a été écrite pour le comédien Harry Dean Stanton dont on se souvient qu’il fut l’interprète du rôle principal dans «  Paris, Texas  » de Wim Wenders, qu’on retrouva dans « S ailor et Lula  » ou «  Twin Peak  » pour ne citer que ces films-là parmi les plus de deux cents qu’il a tournés.

Le scénario n’était pas seulement destiné au comédien mais il a été écrit comme une lettre d’amour adressée au comédien et à l’homme, le scénariste étant un ami proche du comédien.

Et c’est ainsi que le film qui s’inspire de la vie même de Harry, de sa personnalité, des ses anecdotes est presque devenu une autobiographie.

Cinéma : Lucky

L’histoire de Lucky est celle d’un homme qui prend conscience de son grand âge et que le reste de sa vie ne se compte plus en années mais en mois ou en semaines.

Et l’histoire du film est rendue particulièrement pathétique et émouvante quand on sait que Harry Dean Stanton est décédé récemment, quelques mois après la fin du tournage.

«  Lucky » par sa construction, par son originalité, par le charisme de son interprète, par la présence au générique de personnalités comme David Lynch ou Ed Begley apparaît comme une œuvre atypique à la fois tendue et généreuse, aride et voluptueuse.

Il plane sur ce film, une sorte de nostalgie. On pourrait le coupler avec d’autres comme le documentaire «  We Blew it » ( sorti récemment) pour prendre note d’un état d’esprit, d’un retour de l’Amérique sur ce qui a nourri entre autres son cinéma et plus particulièrement le western.

En ce début de siècle qui voit un bouleversement mondial profond dans tous les secteurs, où l’Amérique a choisi un président « surréaliste » et pourtant bien présent, n’assisterions-nous pas à un phénomène de repli, à l’ébauche d’un pas de côté, d’une distance avec le constat de cette nostalgie qui se généralisent pour les mouvements qui marquaient les années 60-70 ?

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Have a nice day »
    Alors qu’une pluie ininterrompue s’abat sur une petite ville du sud de la chine, Ziao Zhang, qui veut offrir les service d’un chirurgien renommé à son amie défigurée au cours d’une première opération... Lire la suite (23 juin)
  • « Jerico, l’envol infini des jours »
    C’est dans le village de Jérico, niché au cœur de la Cordillère des Andes où vivait sa grand mère que Catalina Mesa est allée à la rencontre de femmes qui, face à sa caméra, évoquent leur passé et leur... Lire la suite (23 juin)
  • « Sicilian Ghost story »
    Habitant d’ un village sicilien, Giuseppe, un garçon de 13 ans disparaît subitement. Toutes les éventualités sont envisagées, mais Luna, sa camarade de classe, écarte l’idée d’une disparition... Lire la suite (13 juin)
  • « Filles du feu »
    Elles ont à peine vingt ans et elles affrontent, en guerrières, l’état islamique au Kurdistan syrien. Dans cet endroit du monde où l’homme marche devant et la femme derrière, le fait qu’elles aient... Lire la suite (12 juin)
  • « Désobéissance »
    Ronit est allée vivre à Manhattan où elle est devenue une photographe reconnue. Elle est partie aux États-Unis pour faire carrière mais aussi, et peut-être plus encore, pour prendre de la distance avec... Lire la suite (10 juin)