Actualité théâtrale

Athénée. Théâtre Louis-Jouvet, partenaire Réduc’Snes jusqu’au 19 octobre 2013.

"Lucrèce Borgia", Texte de Victor Hugo Mise en scène Lucie Berelowitsch

Gennaro est orphelin. Il est prolétaire en ce sens qu’il ignore tout de ses origines. Il se définit par son innocence, son intégrité et son esprit chevaleresque.

Lucrèce Borgia est une femme de pouvoir dépravée et homicide qui, sa vie durant, s’est livrée aux ambitions de son père et de ses frères et dont les trois maris sont morts dans des circonstances qui prêteraient à croire qu’elle est intervenue sur leur destin.

Mais il y a en elle tout ce qui est caché, secret, ses crimes par le poison, et ce qui est avoué, le débordement d’amour qu’elle porte à Gennaro, jeune capitaine dont elle demande la grâce au roi, alors qu’il a reconnu avoir commis un crime de lèse-majesté.

Il y a, dans la pièce de Victor Hugo à la fois un langage très concret, quelquefois trivial, et une écriture beaucoup plus tragique et onirique.

La mise en scène de Lucie Berelowitsch privilégie la trivialité et le grotesque et laisse de côté le tragique et ce qui en découle, le pathétique et l’émotion.

Et c’est dommage car c’est sans doute sur ces deux tonalités d’écriture que la pièce devait fonctionner pour prendre tout son volume dramatique.

La mise en scène, la direction d’acteurs et la musique donnent un spectacle bruyant et mouvementé et la pièce est privée des ruptures de ton qui auraient été nécessaires et auraient donné un autre souffle au spectacle.

On a du mal à croire qu’un chorégraphe (et pas des moindres) Nasser Martin Gousset s’est chargé des mouvements de groupes. Est-ce le plateau réduit par un décor important qui est en cause, est-ce le nécessité pour les comédiens de se familiariser avec un espace nouveau pour eux (la pièce a été créée à Cherbourg et jouée au CDN de Montpellier) ? Ces moments paraissent brouillons et mal maîtrisés.

La distribution est inégale. Elle est homogène dans le sur-jeu, en pointillés pour certains, en continu pour d’autres et dans la force des voix.

Le spectacle reste cependant une lecture claire du texte de Victor Hugo et Marina Hands qui domine la distribution, remet souvent le spectacle sur le rail.

Francis Dubois

Athénée Théâtre Louis-Jouvet Square de l’Opéra Louis-Jouvet / 7, rue Boudreau 75 009.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 0153 05 19 19

www.athenee-theatre.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La mégère apprivoisée »
    Un jeune homme Lucentio arrive à Padoue avec son valet, aperçoit une jeune fille fort jolie et en tombe amoureux. Mais le père de Bianca a décidé qu’elle ne pourrait se marier que lorsqu’un mari se... Lire la suite (24 janvier)
  • « Dom Juan ou le festin de pierre »
    Une adaptation du mythe de Don Juan et du texte de Molière d’une originalité et d’une force qui éveillent la réflexion et l’émotion. Même si Don Juan est un séducteur habile, il est loin de n’être que... Lire la suite (23 janvier)
  • « Comparution immédiate II : une loterie nationale ? »
    Plusieurs pièces se sont attachées ces derniers mois au spectacle des prétoires. Ce qui s’y passe ressemble souvent à du théâtre, les prévenus comme les avocats, le procureur et les juges se mettant en... Lire la suite (21 janvier)
  • « Le reste vous le connaissez par le cinéma »
    Présentée en juillet dernier au festival d’Avignon, cette version contemporaine des Phéniciennes d’Euripide, écrite par l’auteur britannique Martin Crimp et mise en scène par Daniel Jeanneteau, est... Lire la suite (20 janvier)
  • « Une histoire d’amour »
    Justine sort d’une histoire d’amour avec un garçon et tombe amoureuse de Katia, un amour brûlant. Justine veut un enfant, Katia trop blessée par la vie est très réticente. L’enthousiasme de Justine... Lire la suite (19 janvier)