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Un film de Benoît Philippon (France-Canada)

"Lullaby" Sortie en salles le 1er décembre 2010

Quand Joséphine disparaît de la vie de Sam, celui-ci s’éloigne de la musique qui était sa passion et la librairie qu’ils tenaient ensemble périclite. George, le propriétaire de l’hôtel où Sam a trouvé refuge, veille sur lui, toujours prêt à intervenir quand les choses prennent mauvaise tournure. Pi, la mystérieuse jeune femme qui croise son chemin, accepte de partager la chambre de Sam à condition de se tenir de l’autre côté du mur, dans la salle de bains.
Sam reprend goût à la musique et une étrange relation se noue entre les deux jeunes gens de part et d’autre de la cloison
"Lullaby" est un film tout à la fois étrange, limpide et mystérieux, une œuvre intime et ample, un conte de fée, une comédie sentimentale et réaliste.
Tout l’art de Benoît Philippon dont c’est ici le premier long métrage, est de conduire de front, de bout en bout, ces différentes options narratives sans que jamais la cohérence de l’ensemble n’en pâtisse.
La musique qui tient une place importante fait office de lien entre les différentes tonalités du film et chacun des personnages du quatuor joue sa partition dans ce même esprit de variation de ton…

© DR

Sam qui a perdu le goût de l’existence, a la fragilité résignée du romantique et la détermination d’un battant. Pi, elle, porte, peut-être provisoirement, comme prénom, le chiffre aux décimales innombrables. Elle est en attente d’elle-même, en attente de se déchiffrer et c’est sans doute parce qu’elle se sent prisonnière de son propre mystère qu’elle se sert des murs pour se tenir éloignée des autres et pour écrire un journal intime qu’elle détruit à chaque fois.
George, l’ami le plus proche de Sam est l’ange gardien, celui qui se réserve le rôle, quand il jugera le moment favorable, de provoquer la rencontre des deux jeunes gens et de veiller à ce que l’amour qui les unit ne soit pas détruit par les effets de souffrances réfractaires.
William, le musicien auquel Sam s’attache a, en apparence, toutes les caractéristiques du musicien de Hip-hop mais il est aussi et surtout attiré par le jazz et le piano et même s’il est un pu produit de la banlieue new-yorkaise, il n’en est pas pour autant, un représentant typique.
Les élans constructeurs surviennent pour remédier au découragement qui menace, au cheminement d’une mauvaise fatalité.
"Lullaby" est un conte de fée, une comédie poétique et un récit cruellement contemporain, une œuvre sensible et singulière à découvrir.
Francis Dubois

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