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Un film de Solveig Anspash (France)

"Lulu femme nue" Sortie en salles le 22 janvier 2014

Peu sûre d’elle, Lulu, la quarantaine, a raté un entretien d’embauche et, comme ce n’est décidément pas son jour, elle rate aussi le dernier train qui devait la ramener chez elle où l’attendent son mari et leurs trois enfants.

Peu habituée aux "escapades", elle trouve pourtant un air de liberté à la chambre d’hôtel où elle passe la nuit.

Le lendemain, au lieu de prendre le premier train, elle se met à flâner dans la ville et de fil en aiguille, décide qu’elle va s’octroyer deux ou trois jours de vacances.

Elle s’étonne elle-même de prendre une telle décision sans ressentir la moindre culpabilité.

Au fil de ses déambulations, elle fait la rencontre de plusieurs personnes qui vont, chacune à sa manière, lui ouvrir les yeux et lui faire découvrir une liberté qu’elle n’a jamais goûtée, enfermée qu’elle était dans un rythme de routine et de soumission domestique.

Pour cette nouvelle réalisation qui suit de très près la sortie de "The Q ueen of Montreuil" , magnifique et passé presque inaperçu), Solveig Anspash, propose un autre portrait de femme et retrouve Karine Viard qui avait été l’interprète de son premier long métrage de fiction " Hauts les cœurs" .

Lulu est une mère aimante, une épouse bridée par un mari austère et autoritaire mais ni l’amour pour ses enfants, ni sa frustration d’épouse où elle s’est laissée aller, ne feront obstacle à la tentation de prendre du temps pour elle-même, sachant confusément que ces quelques jours hors de chez elle pourraient bien changer l’ordre établi des choses.

Charles, dont l’énergie et la joie de vivre n’ont jamais trouvé de véritable écho et qui n’attendait qu’une opportunité pour exprimer sa vraie nature, sort de l’ornière. Car ce n’est pas la seule compagnie de ses deux frères, joyeux mais pathétiques, qui pouvait l’aider à trouver ce qu’il attendait de l’existence.

Lulu est une rencontre providentielle pour cet homme seul dont on sent d’entrée tout le potentiel et cet élan révélé qui lui permet d’exprimer toute la tendresse enfouie. Il est, pour Lulu, la révélation que la délicatesse et la générosité masculines existent.

La rencontre avec Marthe, une vieille dame seule est pour Lulu, une leçon de vie.

Les complicités de sa sœur et de sa fille l’aideront à révéler la force qui était en elle.

La réussite du film de Solveig Anspach tient au fait qu’elle parvient à conduire son récit à la manière d’un conte sans perdre de vue la véritable portée du sujet qu’elle aborde et le réalisme qu’il implique.

Elle est à la fois d’un côté et de l’autre d’une narration qui rejaillit sur le personnage de Lulu et bientôt sur celui de tous les protagonistes. Tous appartiennent à un moment ou à un autre du conte en adoptant ici et là, les codes de la bande dessinée dont le film s’inspire.

Les deux frères de Charles sont les Dupont et Dupond de l’histoire. La patronne du bistrot est une Cruella amère et Marthe, la vieille dame malicieuse et pleine de vie, une sorte de bonne fée, redresseuse de torts face à Lulu, l’héroïne ballotée par la vie jusqu’à ce qu’elle finisse par trouver la voie de l’épanouissement.

L’élément fondateur du cinéma de Solveig Anspach est la fraternité. "Lulu femme nue" en est une fois de plus la confirmation.

Si Karine Viard est parfaite, comme souvent, la vraie révélation du film est le comédien belge Bouli Lanners qui compose un formidable Charles tout en force et tendresse.

Francis Dubois

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