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Un film d’Elsa Diringer (France)

« Luna » Sortie en salles le 11 avril 2018.

Luna vient de réussir un CAP en horticulture et travaille momentanément, en attendant une embauche sûre, dans l’exploitation maraîchère de Sébastien.

Elle est belle, drôle, amoureuse de Ruben un solide garçon un peu macho et fait partie d’une bande qui aime rire, s’amuser et boire parfois plus que de raison.

C’est au cours d’une de ces soirées arrosées que le groupe agresse un jeune inconnu sur lequel il simulent l’acte de sodomie.

Le hasard veut que quelque temps plus tard Alex, ce même garçon, soit embauché par Sébastien dans l’équipe de Luna.

Mais celle-ci qui a entre-temps changé de couleur de cheveux n’est sans doute pas reconnue par Alex comme ayant participé à l’agression.

A force de passer leurs journées ensemble, Luna et Alex finissent par se rapprocher. Mais une histoire d’amour entre eux est-elle possible compte tenu de la culpabilité qui pèse sur les épaules de la jeune fille ?

Cinéma : Luna

Elsa Diringer a réalisé un film solaire, un film de grand air dans un contexte lumineux qui contraste avec le noirceur de l’agression.

Si la trame narrative est cousue de fil blanc et si certaines facilités de scénario viennent souvent ternir le sujet de départ, qu’est ce qui fait que le film reste attachant et qu’on finit par croire au dilemme auquel est confrontée Luna ?

Il est certain que la jeune interprète de Luna, la toute débutante Laetitia Clément y est pour quelque chose ; son jeu spontané sa beauté lumineuse la situant entre l’ingénue moderne et le caractère déluré d’une sorte de Ginette Leclerc avec une touche d’innocence.

Elle irradie et son charme, sa spontanéité, semblent combler les faiblesses du scénario ou ses opportunités.

Rod Paradot qui lui donne la réplique (très remarqué dans « La tête haute » ) avec un mélange d’enfance et de virilité convient parfaitement au personnage d’Alex.

On pourrait dire que, grâce à ses interprètes auxquels il faut ajouter Frédéric Pierrot (toujours excellent, quelque soit la partition) et Julien Bodet qui campe un très crédible Ruben, le film d’Elsa Diringer vaut bien mieux que son sujet et, paradoxalement, que son traitement souvent maladroit.

L’effet de groupe dans le cas d’une agression, l’humiliation que l’on fait subir à quelqu’un au prétexte qu’il est différent, l’effet magique de l’état amoureux pour une reconversion et la découverte d’un nouveau sens à la vie sont des sujets qu’on peut traiter dans un film mais à la condition de maîtriser son récit et de ne pas le perdre dans des facilités (l’idylle entre la mère de Luna et le maraîcher Sébastien, par exemple, arrive comme un cheveu sur la soupe et n’apporte rien).

Elsa Diringer a du talent pour filmer le plein air, pour donner chair à des personnages qui pourraient sombrer dans le stéréotype et apporter à un récit pas très neuf, une belle fraîcheur.

Francis Dubois

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