Année 2018-2019

Lycée : Vitesse, précipitation, aberrations ! (Lille)

Beaucoup d’informations (pas toujours exactes...) et d’analyses (souvent lacunaires...) circulent en ce moment dans les media. Qu’en est-il vraiment de cette rentrée en lycée et des rentrées à venir ? Rien de rassurant, bien au contraire...

A la rentrée, des tests sont organisés en classe de seconde pour établir un « diagnostic individuel » de chaque élève alors que la réforme fait disparaître l’AP des grilles horaires en 2019 ! A moins que ces évaluations ne servent d’outils pour évaluer les établissements et les enseignants, et non les élèves... ? Car franchement, adapter son enseignement et sa pédagogie aux besoins individuels des élèves, quand 80 % des classes de lycée sont à plus de 30 élèves, relève le plus souvent de la quadrature du cercle.

D’ici décembre 2018, a annoncé le ministère, tous les programmes de lycée seront remaniés, sans réelle consultation des enseignants, ni aucune indication sur les nouvelles spécialités : comment construire des programmes cohérents et applicables dans ces conditions et dans ce délai ? Le travail des enseignants de lycée s’annonce difficile pour concevoir des cours sur la base de programmes bâclés. Outre la préparation des cours, il faudra aussi organiser et corriger les épreuves locales du bac (non rémunérées) ...

Contrairement à ce que certains media et chefs d’établissements annoncent, les 54 h du dispositif d’orientation n’existent pas en cette rentrée 2018 : nous ne sommes pas encore sous le coup de la réforme, tout est identique à l’année 2017-2018.

Pour la rentrée de septembre 2019, ces heures ne sont pas financées : quelle organisation cela implique-t-il ? du bénévolat des enseignants ? Enfin, des disciplines et enseignements sont menacés à très court terme à cause de la réforme : LCA, sections européennes et options diverses qui apportaient une richesse aux établissements... D’importantes suppressions de postes sont aussi annoncées : probablement 8 % en moyenne d’après l’analyse du SNES-FSU, basée sur la comparaison des DHG moyennes avant et après la réforme.

Indispensable mobilisation

Le SNES-FSU combat la mise en concurrence des établissements par le biais d’évaluations inutiles en seconde, de contrats d’objectifs et surtout d’épreuves de baccalauréat locales à hauteur de 40 voire 50% !

Nous dénonçons aussi les pressions de plus en plus fréquemment exercées sur les enseignants de lycée pour devenir le second professeur principal, participer à des évaluations communes pléthoriques, et à des organisations bafouant notre liberté pédagogique pourtant clairement réaffirmée dans les décrets régissant les Obligations Réglementaires de Service de 2014.

Nous défendons un lycée riche d’enseignements diversifiés, avec des effectifs par classe nettement inférieurs à la situation actuelle, et une vraie prise en compte des goûts et aspirations de chaque élève, ainsi que le retour à des épreuves de baccalauréat terminales, anonymes et nationales garantissant le traitement égal de tous les candidats sur tout le territoire.

Ne nous résignons pas et défendons un lycée exigeant et émancipateur !

N’hésitez pas à solliciter le S3 de Lille pour animer une heure d’information syndicale dans votre lycée.

Sarah Chaudesaigues

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